Bretagne : Comment EDF joue sur la fibre régionale pour vendre son électricité verte

L’électricité produite par le parc éolien de Caurel dans les Côtes-d’Armor sera achetée par EDF dans le cadre de sa nouvelle offre verte et locale. — Fred Tanneau / AFP

  • EDF vient de lancer sa première offre régionale d’électricité verte en Bretagne.
  • Le géant de l’énergie s’engage dans un premier temps à fournir à 1.000 clients de l’énergie achetée auprès de deux parcs éoliens de la région.
  • Si elle salue la démarche, l’association Greenpeace France estime qu’EDF n’investit pas assez en faveur des énergies renouvelables.

Après le succès de l’emoji Gwenn ha Du, EDF déclare également sa flamme à la Bretagne. Le fournisseur d’énergie a lancé il y a quelques jours une offre 100 % verte et bretonne baptisée « Vert Électrique Bretagne ». EDF s’engouffre ainsi dans la brèche du consommer local et durable, une tendance à laquelle les clients sont de plus en plus sensibles.

Concrètement, le groupe d’électricité s’engage à fournir aux particuliers ou aux entreprises qui souscriront à cette offre une électricité achetée localement auprès de deux parcs éoliens de la région. Il s’agit de Dirinon (Finistère) et de Caurel (Côtes-d’Armor), deux parcs qui sont sortis du dispositif d’obligation d’achat, en vigueur pour une durée de quinze ans, et ne bénéficient donc plus d’un soutien public.

Un coût supérieur de 10 %

Directeur du marché des clients particuliers chez EDF, Fabrice Gourdellier voit dans cette nouvelle offre un moyen pour les clients « d’affirmer leur attachement à leur région » et de « soutenir la transition énergétique en Bretagne en favorisant le développement et la production d’énergies renouvelables ». Reste que cet engagement a un coût, avec un tarif 10 % plus cher qu’une offre classique, et que cette offre régionale ne sera réservée dans un premier temps qu’à 1.000 clients, soit la capacité de production des deux parcs éoliens.

Si le succès est au rendez-vous, EDF pourrait ouvrir cette offre à d’autres régions françaises. « On privilégiera des régions où l’identité est forte comme en Bretagne », anticipe Fabrice Gourdellier.

« Un premier pas intéressant » pour Greenpeace qui reste très vigilant

EDF n’est pas le premier fournisseur d’énergie à garantir à ses clients une électricité verte et locale, avec des acteurs comme Ilek ou Enercoop qui sont déjà présents sur ce marché. Mais le fait que le deuxième plus gros producteur mondial s’engage dans cette démarche est un signe encourageant selon Greenpeace France. L’association n’a pourtant pas toujours été tendre avec EDF, classant le géant de l’énergie parmi les élèves « vraiment mauvais » dans son guide de l’électricité verte publié en novembre. « Même si l’offre est limitée, c’est un premier pas intéressant afin de soutenir la production d’énergies renouvelables », souligne Alix Mazounie.

Mais la chargée de campagne énergie chez Greenpeace France estime que l’offre verte et locale vantée par EDF relève plus de « la communication ». « Les offres sont des vitrines, indique la militante. C’est la politique globale de l’entreprise qui est importante et pour l’instant EDF soutient surtout l’énergie nucléaire et trop peu les énergies renouvelables ». Premier producteur en Europe, le géant de l’énergie s’est donné comme objectif de doubler sa production d’énergies renouvelables d’ici 2030 pour passer de 28 gigawatts à plus de 50.

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