Bretagne: Colère sur l’île de Sein après le prêt d’un canot SNSM aux Sables d’Olonne

Un bateau de la SNSM aux Sables d’Olonne, le 10 juin 2019, trois jours après la mort de trois sauveteurs. — S.Salom-Gomis/AFP

  • Trois sauveteurs de la SNSM ont perdu la vie le 7 juin lors d’une tentative de sauvetage aux Sables d’Olonne.
  • Ils étaient partis à bord d’un bateau un peu ancien, lequel s’était retourné pendant la tempête Miguel.
  • Le canot moderne de l’île de Sein va être prêté pour la saison aux Sables d’Olonne.

L’unique canot de la SNSM de l’île de Sein ira prochainement renforcer les moyens de la station des Sables-d’Olonne (Vendée), à la suite du drame survenu début juin, une décision qui provoque la colère sur la petite île située au large du Finistère. « Depuis le drame des Sables-d’Olonne intervenu le 7 juin dernier, qui a causé la mort de trois sauveteurs en mer, la station de sauvetage SNSM ne dispose plus de moyens hauturiers pour la période estivale », indique dans un communiqué la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM).

Cette nouvelle affectation durera « le temps des travaux de réparation » du canot de la station vendéenne, ajoute le communiqué, évoquant la date du 15 septembre. « Les opérations de sauvetage dans le raz de Sein seront assurées pendant cette durée par les stations SNSM d’Audierne et de Molène et les moyens aériens habituels », précise le communiqué.

« On n’enlève pas un bateau de sauvetage sur une île ! »

« C’est inadmissible », s’est insurgé Dominique Salvert, maire de la petite île située dans une zone de puissants courants. « Comment on va faire pour les évacuations sanitaires ? », s’est-il interrogé. « Les hélicoptères ne peuvent pas toujours venir », a-t-il assuré, prévenant que « tout » serait fait « pour que le bateau reste là ». « On n’enlève pas un canot de sauvetage sur une île ! », a-t-il pesté.

« Je vais fermer boutique, je n’ai pas le choix », a prévenu Jacques Fouquet, président de la station SNSM de l’île. Interrogé à propos du caractère temporaire de cette affectation, il a dit ne pas y croire. « C’est un rêve ça [la date du 15 septembre]. Le bateau ne reviendra pas », a-t-il prédit, s’inquiétant pour la sécurité dans la zone. « Il y a des bateaux dans tous les sens en ce moment. L’été est la saison la plus difficile pour nous », a-t-il assuré.

Le canot tous temps de Sein est le premier d’une série de trois dont s’est dotée la SNSM depuis 2015 pour mieux répondre à l’évolution du sauvetage en mer. Le second a été affecté à la station des Sables-d’Olonne et le troisième à celle de Sète (Hérault). Mais celui des Sables-d’Olonne a rencontré des problèmes et ne navigue plus depuis janvier. C’est la raison pour laquelle le 7 juin les sauveteurs avaient pris la mer à bord du Jack Morisseau, un canot construit en 1986.

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