Bretagne : Accusé de viols, l’ancien chef du bagad d’Auray sort de prison

L’intérieur de la prison de Rennes-Vezin, où le chef d’orchestre du bagad d’Auray était détenu depuis 2019. — C. Allain / 20 Minutes

Il devrait quitter sa prison de Rennes-Vezin ce mardi pour être placé sous surveillance électronique. Mis en examen pour viols et harcèlement, l’ancien chef d’orchestre du bagad d’Auray (Morbihan) avait été placé en détention provisoire le 25 octobre 2019 dans le cadre de l’enquête le visant. Dans un premier temps, deux femmes avaient porté plainte contre Loïc Le Cotillec, dont une musicienne du bagad. Au total, la justice a enregistré six victimes potentielles, pour cinq mises en examen, les dernières ayant été prononcées en début d’année.

D’après le procureur de la République de Rennes Philippe Astruc, « le parquet n’a pas interjeté appel de la décision », de ce placement sous surveillance. « La justice semble enfin prendre de la hauteur et suggérer la plus grande prudence face aux accusations qui visent Loïc Le Cotillec », a réagi son avocat Me Sahand Saber. « Ceux qui veulent le condamner trop vite doivent voir dans cette décision un rappel ferme du principe de présomption d’innocence », a ajouté l’avocat, assurant que Loïc Le Cotillec « respectera rigoureusement les obligations qui accompagnent son assignation à résidence sous surveillance électronique ».

Des faits entre les mois de mai et septembre 2019

Agé de 25 ans, l’ancien penn-soner du bagad est visé par quatre plaintes et sous le coup de cinq mises en examen, notamment pour viols, harcèlement sexuel et appel téléphonique malveillant. Les faits se seraient déroulés entre les mois de mai et septembre 2019. « Ce sont des relations qu’il avait avec des petites amies, et peut-être qu’il y a eu des comportements inadaptés. Il va falloir se poser des questions », avait indiqué son précédent avocat Me Frédéric Birrien. L’homme souffrait visiblement d’une addiction à l’alcool.

Qualifié de virtuose de la musique et surnommé « le Mozart breton », le jeune compositeur et chanteur avait pris les rênes de la formation en 2014 alors qu’il n’avait que 18 ans, avant son départ brutal en septembre 2019. « Dès que nous avons eu connaissance des faits, nous avons décidé de réagir rapidement », avait précisé Damien Moulin, président de l’association Kevrenn Alré qui gère le bagad fondé en 1951. C’est l’un des ensembles les plus anciens de musique et danse d’inspiration traditionnelle bretonne.

Une enquête préliminaire confiée à l’Inspection générale de la Police nationale a été ouverte après la publication dans la presse de procès-verbaux d’auditions des premières victimes. L’avocat de l’une d’entre elles avait déposé plainte pour violation du secret de l’instruction.

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