Brest : La ville bretonne épicentre de la Défense et de la diplomatie de l’UE à partir de ce mercredi soir

Brest va être « la capitale » de la diplomatie européenne cette semaine. Les ministres des Affaires étrangères de l’ UE vont s’y réunir jeudi et vendredi pour notamment discuter de la sécurité en Europe.

Les chefs de la diplomatie des 27 doivent se retrouver dans la ville bretonne pour une réunion informelle, la France assurant depuis le 1er janvier la présidence semestrielle tournante de l’UE. Ils y seront précédés ce mercredi soir et jeudi matin par leurs homologues de la Défense.

Ce rendez-vous fera suite à la rencontre russo-américaine de Genève lundi, ainsi qu’à la réunion du Conseil Otan/Russie ce mercredi à Bruxelles et sera concomitant de la réunion de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) jeudi à Vienne en vue d’une désescalade dans la crise ukrainienne et d’un réexamen de l’architecture de sécurité en Europe.

Soutien de l’UE à la Cédéao

Emmanuel Macron et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ont insisté vendredi dernier sur la nécessité pour les Européens d’être à la table des négociations. Ils seront ainsi présents dans le cadre des discussions entre l’Otan et la Russie ainsi qu’à l’OSCE. Les propositions de l’UE porteront notamment sur la « transparence des activités militaires conventionnelles » et la « prévisibilité des exercices » de l’Otan comme de la Russie, ajoute-t-on de source diplomatique française.

Les 27 ministres des Affaires étrangères examineront également comment « appuyer » la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) qui a pris de lourdes sanctions dimanche contre le Mali afin de pousser la junte à rendre plus rapidement le pouvoir aux civils. La France et l’UE soutiennent les « sanctions inédites » prises par les dirigeants ouest-africains, a déclaré mardi le président Emmanuel Macron, en laissant entrevoir de nouvelles sanctions européennes.

Les pressions de la Chine sur la Lituanie

Par ailleurs, les 27 entendent aussi réaffirmer leur soutien à la Lituanie face à la Chine, qui bloque des exportations lituaniennes depuis l’ouverture d’une représentation diplomatique taïwanaise dans cet État balte. « Nous allons faire le maximum pour accélérer les discussions sur le règlement anticoercition » durant la présidence française du Conseil de l’UE, a également noté le diplomate français. Bruxelles a dévoilé en décembre un projet d’instrument qui permettrait de punir rapidement tout pays utilisant des sanctions économiques pour exercer des pressions contre l’UE ou un de ses membres.

Enfin, les ministres des Affaires étrangères feront le point avec leurs homologues de la Défense jeudi à la mi-journée sur une première version révisée de la boussole stratégique, le futur livre blanc de l’UE sur les enjeux de sécurité européens et les moyens d’y répondre. La réflexion porte notamment sur la capacité à déployer une force de 5.000 hommes en cas de crise et sur le renforcement de la capacité industrielle des Européens en matière de défense.