France

Bouches-du-Rhône : 25 ans de prison pour un assassin pédophile

Un jeune homme a été condamné jeudi à 25 ans de réclusion criminelle par la cour d’assises des Bouches-du-Rhône pour l’assassinat d’un septuagénaire homosexuel à Marseille, qu’il soupçonnait de pédophilie. Le frère cadet avait été condamné en mai 2025 à quinze ans de réclusion par la chambre spéciale des mineurs de la cour d’appel d’Aix-en-Provence, bénéficiant de l’excuse de minorité.


Un jeune homme a été condamné jeudi à 25 ans de réclusion criminelle par la cour d’assises des Bouches-du-Rhône pour l’assassinat d’un septuagénaire homosexuel à Marseille, suspecté de pédophilie. L’accusé a déclaré vouloir « débarrasser la terre d’un pédophile dégoûtant ». L’avocat général avait demandé trente ans de réclusion, soulignant « un risque de réitération ».

Les jurés ont décidé de compléter la peine par un suivi sociojudiciaire de cinq ans après la libération. Au procès, l’avocat général a noté que l’accusé « revendique son acte » et « se présente comme une espèce de justicier face à la décadence de la société, décidant du droit de vie et de mort sur un homme qu’il soupçonne de pédophilie, mais la justice se rend dans les prétoires ».

### La victime égorgée dans sa baignoire

Les faits se sont déroulés le 10 août 2023. Accompagné de son frère de 14 ans, le jeune homme s’était rendu au domicile de la victime à Marseille. Trois jours auparavant, il s’était prostitué auprès de ce septuagénaire via le site Coco. Les deux frères ont ensuite porté de nombreux coups de couteau.

La victime avait été égorgée dans sa baignoire, présentant des blessures proches d’une quasi-décapitation selon un médecin légiste. Le frère cadet a été condamné en mai 2025 à quinze ans de réclusion par la chambre spéciale des mineurs de la cour d’appel d’Aix-en-Provence, bénéficiant de l’excuse de minorité.

### « Voir ce que ça faisait d’ôter la vie »

Au cours de l’instruction, l’accusé a mentionné son « désir de voir ce que ça faisait d’ôter la vie ». Des enseignants avaient auparavant signalé son obsession pour les armes ainsi que ses dessins représentant des scènes de décapitation. Bien que des objets tels qu’un téléphone, des clés et de l’argent aient été volés, l’accusation a écarté un mobile crapuleux.

Un expert psychiatre a indiqué que le jeune homme souffrait d’un « trouble du spectre autistique se traduisant par l’isolement, un défaut d’empathie et de décodage des affects d’autrui ». Ses avocats, Rami Chahine et Denis Fayolle, ont déclaré que « les jurés ont pris la mesure de toute la complexité de ce drame » et qu’ils « sont allés au-delà de l’horreur du crime pour comprendre les circonstances exceptionnelles qui ont fait basculer dans l’horreur un gamin de 18 ans, jamais condamné ».