Bordeaux : Une « maison » pour les plus de 2.000 livreurs à vélo qui écument la ville

Plus de 2.000 livreurs à vélo, dont 400 à 500 sont sans-papiers et 200 à 300 vivent dans des squats, sillonnent sans relâche l’agglomération de Bordeaux pour livrer des repas dans des temps records. Pendant la campagne municipale de 2020, le syndicat des coursiers bordelais, rattaché à la CGT, avait formulé la demande d’un lieu de repos et d’accès à l’hygiène pour ces travailleurs.

Elle a eu l’oreille de l’équipe écologiste du maire Pierre Hurmic (EELV) puisqu’une « maison des coursiers » sera inaugurée à la fin du mois sur la place André-Meunier, près de la gare, avant un emménagement plus pérenne dans l’ancienne maison de la métropole, située près du CHU, après des travaux. Coopcycle sera en charge de la gestion de la structure.

Accès aux droits, hygiène et bientôt emploi

« Il y a une problématique d’accès aux droits, à l’hygiène et une précarité généralisée puisque ces livreurs n’ont pas de contrat de travail et sont payés au lance-pierre, explique Stéphane Pfeiffer, adjoint au maire chargé de l’urbanisme résilient. Le syndicat nous avait proposé de créer un lieu pour pouvoir travailler individuellement sur leurs parcours de vie. »

Sur la place André-Meunier, ils pourront stocker leurs vélos, accéder à un minimum d’hygiène et bénéficier des permanences de la Cimade, du CCAS, d’avocats, etc. Lorsque la maison sera installée de façon définitive près du CHU, il y aura un volet emploi supplémentaire dans leur accompagnement. Le financement de cette maison des livreurs est assuré par la ville et la métropole.

Si cette structure n’est « pas une fin en soi », commente Arthur, fondateur du syndicat des coursiers à vélo et ex-livreur bordelais, elle a le mérite de permettre « de créer de la solidarité entre les livreurs dans l’objectif de mettre à mal l’ubérisation ». Les collectivités se substituent ici aux plateformes mais les coursiers ne renoncent pas à l’idée de les faire contribuer à l’avenir.

Une structure un peu similaire mais accessible seulement en soirée a déjà vu le jour à Nancy en 2021 et dans le 18e arrondissement de Paris, mais dans une version un peu moins ambitieuse.