Bordeaux : Un ancien instituteur jugé pour 17 viols et 6 agressions sexuelles
Un ancien enseignant du collège Saint-Genès La Salle à Bordeaux sera jugé pour les viols de 17 élèves et les agressions sexuelles de six autres. En juin 2023, l’instituteur avait été mis en examen et placé en détention provisoire, après avoir été dénoncé par des élèves de CM2 qu’il avait filmées sous la douche.
Un ancien enseignant de l’établissement scolaire catholique Saint-Genès La Salle à Bordeaux sera jugé pour avoir violé 17 élèves et commis des agressions sexuelles sur six autres, selon des sources judiciaires citées par l’AFP. Cet homme de 54 ans, père de famille, risque 20 ans de réclusion criminelle et reconnaît partiellement les faits. Au total, environ trente victimes ont été recensées, toutes des fillettes âgées de 10 et 11 ans à l’époque des faits.
D’après son avocat, Me Éric Grosselle, l’accusé « conteste les faits les plus graves », affirmant qu’il n’existe « aucune preuve » à leur sujet. L’instituteur avait été mis en examen et placé en détention provisoire en juin 2023 après avoir été dénoncé par des élèves de CM2 qu’il avait filmées sous la douche lors d’un séjour sur le bassin d’Arcachon, en utilisant son téléphone pour filmer sous la porte des cabines.
Une enquête a été ouverte suite à ces actes de voyeurisme, et des photos retrouvées sur l’ordinateur de l’enseignant ont également mené à des accusations d’agressions sexuelles réalisées lors de voyages scolaires depuis 2017, faits qu’il aurait reconnus en garde à vue, selon le parquet. L’information judiciaire a ensuite été élargie aux viols dénoncés par 17 anciennes élèves, survenus entre 2008 et 2012, que l’accusé conteste.
Les plaignantes affirment qu’à l’époque, l’enseignant avait instauré, durant les pauses de midi dans sa classe, un « jeu du goût » qui consistait à leur faire deviner des aliments les yeux bandés, avant d’introduire son sexe dans leur bouche.
Un courrier de 2011, inclus dans le dossier, rapporte que la direction de l’école, alertée par une mère d’élève sur ce « jeu », avait convoqué l’enseignant. À l’issue de cet entretien, il avait reçu un avertissement sans que d’autres démarches ou enquêtes soient menées.
En novembre dernier, des parents ont déposé une plainte contre X pour non-dénonciation de crime, visant également le chef d’établissement de l’époque, qui avait co-signé le courrier de 2011 adressé à l’enseignant. Douze ans après, quelques jours après la mise en examen de ce dernier, l’autre signataire, qui dirigeait l’école primaire au sein de l’établissement, a mis fin à ses jours en se jetant sous un train.
Concernant le climat au sein de l’école, il est rapporté que l’enseignant avait l’habitude de « séparer les élèves par sexe » avant les séances de sport, demandant aux filles de se changer dans la classe sous sa surveillance, un comportement qui aurait été connu de l’établissement.
« Les éléments versés au dossier révèlent un climat de silence préoccupant », a déclaré le conseil des parents, Me Darmon, ajoutant que « certains faits auraient dû alerter et conduire à des mesures fermes et immédiates ».
L’établissement se déclare résolument aux côtés des victimes, selon son avocat, Me Jean-Baptiste Bordas, sans fournir de commentaires sur la plainte.

