Bordeaux : « Le 8-Mars, ce n’est pas une mascarade »…. Les féministes concurrencent le carnaval

Plusieurs centaines de manifestantes se sont réunies le dimanche 8 mars 2020 à Bordeaux pour une marche féministe. — Marion Pignot

  • Une « marche féministe » était organisée, ce dimanche à Bordeaux, à l’initiative du collectif Droits des femmes 33 « pour dire haut et fort stop à l’inégalité femmes-hommes ».
  • A l’occasion de ce 8-Mars, Journée internationale des droits des femmes, les Bordelaises ont regretté que la mairie ait choisi de « donner la rue au Carnaval des Deux-Rives ».
  • Malgré la pluie, « près d’un millier de participantes » ont, selon les organisatrices, rejoint le cortège qui n’a cessé de scander « patriarcat t’es foutu, les femmes sont dans la rue ».

« Adèle idole », «  Virginie Despentes présidente », « nous ne raserons ni les murs, ni nos chattes »… Les Bordelaises se sont réunies à 14h30 ce dimanche, place de la comédie. Le collectif féministe Droits de femmes 33 en attendait plusieurs centaines, elles étaient, selon les organisatrices, « près d’un millier » vers 15h30, juste avant que le cortège des motivées ne s’élance rue Sainte-Catherine.

Toutes étaient réunies « pour dire haut et fort stop à l’inégalité femmes-hommes ». Et aussi « stop aux représentations sociales qui nous manipulent, au mépris, aux inégalités salariales et aux violences », comme l’a rappelé Monique Nicolas, du planning familial bordelais, mégaphone à la main. Parmi les manifestantes, des manifestants « présents en soutien » mais qui pour beaucoup, comme Clément, préfèrent se tenir « un peu à l’écart et ne pas trop l’ouvrir ». « C’est la Journée internationale des droits des femmes, c’est à elles de prendre la parole », reprend Jean-Charles, 45 ans, venu avec ses deux enfants.

« Une manifestation non mixte pour s’approprier Bordeaux la nuit »

Et en ce 8-Mars, les féministes bordelaises sont en colère. Parce que Roman Polanski, certes, mais parce que le harcèlement de rue, aussi, ou parce que la réforme des retraites qui « nous précarisera encore plus », souligne Petra, étudiante de 19 ans et porte-voix du collectif du Pain et des roses. A Bordeaux cependant, elles étaient également scandalisées par le fait que la Ville a choisi de donner ce jour-là la rue au Carnaval des Deux-Rives. « Le 8-Mars, ce n’est pas une mascarade, c’est une lutte. La mairie de Bordeaux a cru bon d’occuper le centre-ville avec un carnaval, eh bien, nous leur répondons que la rue est à nous », hurle Monique Nicolas avant d’encourager toutes les femmes à participer cette nuit « à une manifestation non mixte pour s’approprier Bordeaux la nuit et dire que nous n’avons plus peur »

Les manifestantes ont rendu hommage au combat des féministes chiliennes ou soutenu les victimes du génocide Rojava. Les Rosie bordelaises ont dansé sur l’hymne féministe du MLF Debout les femmes ou repris la désormais célèbre choré de A cause de Macron . Les étudiantes membres du collectif du Pain et des roses ont, elles, hurlé vouloir « niquer le patriarcat ». Parmi ces « women on fire », il y avait Emmanuelle, 52 ans, et sa fille Garance, 21 ans, venues en famille montrer qu’enfin les «  Beigbeder ne peuvent plus tout se permettre ». Ou Anna, 19 ans, là pour « s’assurer que le message sur le besoin de consentement dans toute relation sexuelle va enfin passer ». Et beaucoup d’autres rassemblées pour scander en chœur « maintenant on arrête tout. Si ça déconne, on se lève, on se barre et on se bat ».

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