Bordeaux : La venue de la philosophe Sylviane Agacinski finalement reprogrammée

Sylviane Agacinski viendra finalement débattre à l’université de Bordeaux. — GINIES/SIPA

  • Jeudi dernier la venue de Sylviane Agacinski avait été annulée par l’université de Bordeaux à cause de pressions émanant d’associations qui considèrent l’intellectuelle comme « homophobe ».
  • Finalement, la philosophe sera bien invitée à Bordeaux prochainement, à une date qui n’est pas encore communiquée.
  • Le gouvernement a salué cette reprogrammation par l’université de Bordeaux.

L’intellectuelle Sylviane Agacinski viendra finalement bien à Bordeaux. Une conférence-débat avec la philosophe opposante à la GPA (gestation pour autrui), va être reprogrammée, après avoir été annulée jeudi 24 octobre en raison de « menaces violentes », a annoncé jeudi l’université de Bordeaux Montaigne.

« L’université va reprogrammer l’intervention de Sylviane Agacinski, les modalités de la rencontre ne sont pas encore définies », a précisé le service communication de l’université. Une rencontre est également prévue très prochainement sur le thème « Peut-on parler de tout à l’université ? », après cette annulation qui a fait grand bruit.

La reprogrammation saluée par le gouvernement

« L’université est et restera le lieu par excellence de la liberté d’expression et du débat d’idées. Je salue la décision d’Hélène Velasco-Graciet (président de l’université, ndlr) et Sylviane Agacinski de replanifier la conférence (…) pour un échange, je l’espère, ouvert et respectueux des opinions de chacun », a tweeté la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal. Le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, avait dénoncé mercredi devant l’Assemblée nationale « une sorte de nouveau maccarthysme ».

La philosophe, connue pour son opposition au « marché de la personne humaine », était l’invitée depuis plusieurs mois d’une conférence qui devait évoquer « l’être humain à l’époque de sa reproductibilité technique », dans le cadre d’un cycle de thématiques diverses animées par des universitaires, écrivains, philosophes.

Mais l’université avait décidé d’annuler cette conférence, expliquant que « des groupes (avaient) décidé d’empêcher la tenue d’un échange légitime et évidemment contradictoire sur ces questions d’ordre éthique et juridique dans le contexte des débats actuels sur la PMA et la GPA ».

L’université affirmait ne pouvoir « assurer pleinement la sécurité des biens et des personnes ni les conditions d’un débat vif mais respectueux face à des menaces violentes ».

Des associations opposées à sa venue

Plusieurs associations étudiantes défendant les droits LGBT s’étaient émues de l’invitation par l’université de cette « homophobe notoire », appelant les étudiants « à se mobiliser » contre sa venue et assurant vouloir mettre « tout en œuvre afin que cette conférence n’ait pas lieu ».

Après l’annulation de la visite, ce collectif avait répliqué à l’université en affirmant que « parler de « censure » et « d’atteinte excessivement grave et violente à la confrontation des idées » relève d’une indécence sans nom dans un contexte où l’homophobie et la transphobie tuent ».

« Les atteintes liberticides que sont l’homophobie et la transphobie ne sont pas des opinions et n’ont pas de place dans un « débat démocratique » », avait souligné ce collectif dans un communiqué.

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