Bordeaux : Face au bad buzz, le maire écolo Pierre Hurmic assure qu’il souhaite « conserver la magie de Noël »

Pierre Hurmic, le 10 juin 2020, à Bordeaux. — UGO AMEZ/SIPA

  • Pierre Hurmic se justifie ce vendredi en expliquant vouloir préserver l’argent public, le coût global de l’arbre de Noël s’élevant à 60.000 euros.
  • Son adjoint chargé de la nature en ville assure que « l’on va conserver la féerie de Noël. »
  • « Nous sommes sur le terrain du pragmatisme et de la sobriété », poursuit l’élu pour se justifier.

Le « bad buzz » du sapin de Noël, secoue la rentrée politique du nouveau maire EELV de Bordeaux. Après avoir annoncé jeudi lors de sa conférence de presse de rentrée, qu’il renonçait au traditionnel sapin de Noël sur la place Pey-Berland, car il ne voulait plus « d’arbres morts » sur les places de la ville, Pierre Hurmic a créé la polémique à Bordeaux et au-delà.

Le nouveau maire cherche depuis ce vendredi matin à éteindre l’incendie. Après une apparition sur LCI, il a dégainé un communiqué de presse à la mi-journée. « Pierre Hurmic et l’équipe municipale souhaitent conserver la magie de Noël sans gaspiller l’argent public, écrit la municipalité. Mais pourquoi dépenser près de 60.000 euros auxquels s’ajoutent d’importants coûts induits (écologiques et économiques) ? »

Accusé de vouloir « tuer la magie de Noël »

Les réactions se multiplient depuis ce vendredi, notamment sur Twitter, et la majorité écolo de Bordeaux est accusée de vouloir « tuer la magie de Noël » ou encore de s’en prendre à une « tradition vieille de 2.000 ans »…

Contacté par 20 Minutes, le nouvel adjoint à la mairie de Bordeaux, chargé de la nature en ville et des quartiers apaisés, Didier Jeanjean, assure que « l’on va conserver la féerie de Noël puisqu’on va éclairer des arbres sur la place, mais ce seront des arbres vivants, il n’y aura plus un arbre mort au milieu de la place. Et des associations seront là pour animer la place, avec des chorales. »

« Pragmatisme et sobriété »

En prenant cette décision, « nous ne sommes ni sur le terrain de l’écologie, ni sur celui de la laïcité, ni sur celui de la féerie de Noël, mais sur celui du pragmatisme et de la sobriété, poursuit Didier Jeanjean. Dans l’absolu, oui, je suis contre couper un sapin qui fait 15 m de haut et lui faire traverser la France sur un poids lourd, mais il faut être honnête, ce n’est pas cela qui va transformer le devenir écologique de Bordeaux. Notre argument n’est pas là. Ce qu’on dit, c’est qu’il y a 60.000 euros qui sont dépensés pour mettre un arbre mort au milieu de la place, alors qu’il existe des alternatives. Et l’année dernière, ce n’est pas de chance, il est tombé à cause de la tempête, il n’est même pas resté jusqu’à Noël. Alors, certes, ce sera un peu moins magistral, il n’y aura pas un grand arbre au centre de Bordeaux, mais nous sommes droits dans nos bottes, nous avons décidé cela avec les services de la mairie et avec les élus. »

« Surpris que sur un détail comme celui-là, cela prenne une telle ampleur »

L’adjoint dit par ailleurs avoir été « surpris » par l’ampleur de la polémique. « On savait qu’on allait faire face à un flot de critiques, ça tombe sur l’arbre de Noël… Ce qui me surprend c’est que l’opposition se saisisse d’une polémique lancée par un média d’extrême-droite. »

« Je commence en politique, poursuit Didier Jeanjean, élu pour la première fois il y a deux mois. Mais je suis surpris que sur un détail comme celui-là, cela prenne une telle ampleur. Pour moi, cette polémique tombe à l’eau car on ne remet rien en cause. En revanche, c’est possible qu’on s’y soit mal pris, et au final parmi tous les sujets abordés lors de la conférence de presse, aujourd’hui on ne parle que de l’arbre de Noël, c’est dommage. »

Enfin, sur la pétition lancée en faveur du maintien du sapin de Noël, l’élu s’interroge : « Par qui est-elle faite, et dans quel objectif ? » Toutefois, il assure que « nous sommes là pour écouter les habitants, et en fonction de l’envergure qu’elle prendra, nous verrons quelle suite lui donner. Si une majorité de gens n’est pas d’accord, il faut se questionner, mais on ne remettra pas en cause notre décision pour le Noël 2020. Le choix est fait. En revanche, en fonction des retours, on verra pour les Noël suivants. »

Bordeaux

Bordeaux : Le nouveau maire EELV veut supprimer le sapin de Noël, « un arbre mort », de la place Pey-Berland

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