Bordeaux : Des microfermes dans les quartiers et de l’aquaponie sur la base sous-marine, annonce Pierre Hurmic

Ces projets ne vont pas encore permettre à la métropole de Bordeaux d’atteindre l’autosuffisance alimentaire, mais ils doivent accélérer le soutien à une agriculture locale. C’est depuis Barcelone, où il participe avec la conseillère municipale déléguée à la résilience alimentaire Ève Demange, au Forum mondial du pacte de politique alimentaire urbaine, que le maire de Bordeaux Pierre Hurmic (EELV) a fait plusieurs annonces.

« Nous sommes là pour échanger sur les questions de résilience alimentaire et de ville nourricière, explique Pierre Hurmic à 20 Minutes. C’est dans ce cadre que nous avons présenté des projets de microfermes, dans trois quartiers de Bordeaux, notamment à La Benauge et au Grand Parc pour les projets les plus avancés. » Le troisième projet se fera dans la zone de la Jallère, près du stade Matmut Atlantique, tandis que le maire de Bordeaux a également annoncé un projet d’agriculture en aquaponie sur le toit de la base sous-marine.

« Expérimentations pour les modèles agricoles de demain »

« Nous avons deux équipes qui travaillent sur le sujet, explique Ève Demange. Sur le Grand Parc, on sera sur une parcelle de 5.000 m2, en plein cœur du quartier, et sur La Benauge on aura 2.000 m2. Notre interrogation tourne autour de l’intégration de ces projets dans les quartiers, et sur le rendement, car il faut pouvoir être très productif sur ces petites surfaces pour que ce soit efficace. En cela, il s’agira d’expérimentations pour le modèle agricole de demain. »

Il s’agit d’endroits « où nous avons identifié une carence en termes d’épicerie alimentaire, poursuit la conseillère municipale, l’idée est donc de proposer des lieux de production agricole, avec un maraîcher, pour permettre aux habitants d’avoir accès à une alimentation produite localement, dans un circuit ultra-court. Mais il y aura aussi une dimension sociale, puisqu’on pourra se former à la production de fruits et légumes et à la façon de les cuisiner, et que l’on pourra s’y rencontrer tout simplement. »

« Recréer un vrai poumon sur la Jallère »

Le projet sur la Jallère est moins avancé. Cette zone de 40 hectares a été « sanctuarisée » par la nouvelle municipalité, alors que l’ancienne majorité souhaitait y développer un programme urbanistique avec du logement, des bureaux, mais aussi un projet de ferme urbaine. « On repart de zéro, prévient Pierre Hurmic. Nous travaillons avec un professionnel sur un projet d’agroécologie, et nous voulons y développer un aspect formation autour de cette thématique. » Ce projet devrait occuper environ 14 hectares.

« Nous voulons également recréer un vrai poumon sur la Jallère, avec des arbres notamment, ajoute Ève Demange, il faut que ce soit un lieu de destination pour les habitants de Bordeaux métropole. » La difficulté principale sur cette zone est qu’il s’agit « d’un site pollué, ce qui demande des études spécifiques », prévient Pierre Hurmic.

85 % des Bordelais s’alimenteraient dans les supermarchés

Enfin, sur le toit de la base sous-marine, la municipalité annonce qu’elle développera un projet de ferme en aquaponie. Contraction d’aquaculture [culture de poissons] et d’hydroponie, l’aquaponie consiste à se servir des déjections de poissons pour nourrir les plantes. « Sur la base sous-marine, nous avons 2.000 m2, un projet de ce type est tout à fait adapté », estime le maire de Bordeaux.

Ces projets viendront compléter le site de quatre hectares situé au Haillan, et propriété de la ville de Bordeaux, confié à l’entreprise Les P’tits Cageots pour y développer de la culture maraîchère.

Selon un diagnostic réalisé par la mairie de Bordeaux, quelque 85 % des Bordelais s’alimenteraient dans les supermarchés, « alors qu’à Barcelone, 64 % des habitants se fournissent auprès des 39 marchés de la ville, explique Ève Demange. Cela interroge sur les choix qui ont été faits, et sur ceux à réaliser pour mettre en place des filières alimentaires plus courtes, qui nécessitent moins de transports. »