Bordeaux: Des «gilets jaunes» veulent «maintenir le combat» et défileront avec les anti-Monsanto ce samedi

Défilé des gilets jaunes du 4 mai 2019 à Bordeaux. — MEHDI FEDOUACH / AFP

  • Un intercollectif de «gilets jaunes» annonce qu’il s’associera ce samedi à la marche contre Monsanto & Co organisée à Bordeaux et déclarée en préfecture.
  • Il organise également un village citoyen basé sur le débat et espère, à plus long terme, compter dans la vie politique locale en partant des territoires.

Que vont devenir les « gilets jaunes » ? Stéphane, Marc, Jean-Bernard, Philippe et Abdel font face aux journalistes, ce jeudi, en tant que représentants de l’inter-collectif des « gilets jaunes » de la région pour expliquer leurs intentions alors qu’une nouvelle mobilisation est annoncée ce samedi dans les rues de Bordeaux. « On ne représente pas tous les gilets jaunes », s’empresse de préciser une membre, soucieuse de ne pas froisser d’autres partisans du mouvement.

Cet intercollectif a été créé peu de temps après le premier acte des « gilets jaunes » dont la capitale girondine est devenue au fil des semaines  l’un des bastions. Il fédère une soixantaine de groupes et travaille avec d’autres collectifs des Landes et de la Dordogne. Parmi eux, d’ anciens groupes de ronds-points dont certains se sont constitués en associations.

La structure s’est dotée d’une charte qui cherche les points de convergence entre les différents groupes de « gilets jaunes », tous guidés par le même objectif « obtenir une première démocratie écrite par et pour le peuple, dans un but de justice sociale, fiscale, démocratique et écologique », peut-on lire dans leur communiqué.

« Maintenir le combat »

« Certains voudraient que le mouvement s’éteigne doucement mais nous allons maintenir le combat », déclare Stéphane. Si la participation aux dernières mobilisations est en baisse, cet intercollectif reste déterminé, six mois après le début du mouvement. Samedi 11 mai il y a eu 700 manifestants selon la préfecture de la Gironde et 2.500 selon les « gilets jaunes ». Depuis environ un mois la préfecture, qui souligne le contexte de baisse de la participation, constate que les dégradations en lien avec les manifestations ont quasiment cessé, mais pour cet intercollectif le climat n’est pas à l’apaisement : « le maintien de l’ordre a viré à la répression politique » (lire encadré)

Ce samedi, ils sont officiellement associés à la marche mondiale contre Monsanto & Co, déclarée en préfecture, et ont obtenu l’autorisation d’installer un village citoyen sur le parvis de la Maison Citoyenne, de 10 h à 17 h, comme ils l’ont déjà fait à deux reprises. L’idée est d’orienter les manifestants vers des débats et aussi d’y expliquer les revendications aux passants curieux d’en savoir plus sur le mouvement.

Mailler le territoire de petits groupes et déclarer des événements en bonne et due forme font partie des orientations de cet intercollectif qui veut s’installer dans la durée. Il vise une participation à la vie locale et réfléchit notamment à la façon de peser dans les municipales de 2020 « en partant de la base ».

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De nombreux blessés 

S’appuyant notamment sur un rapport de l’observatoire girondin des libertés publiques concernant le maintien de l’ordre à Bordeaux (du 17 novembre 2018 au 16 février 2019) l’inter-collectif girondin estime qu’il y a « un nombre révoltant de blessés graves et des atteintes aux libertés fondamentales comme celle de manifester ». L’observatoire regroupe entre autres le syndicat des Avocats de France, Greepeace, La Ligue des Droits de l’Homme Médecins du Monde ou encore l’Asti. Sur la période de l’enquête, la préfecture fait valoir que 48 policiers ont été blessés. 

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