Bordeaux : De plus en plus nombreux, les cyclistes « attendent un saut qualitatif sur les aménagements »

Bordeaux dévisse de la cinquième à la dixième place au classement des grandes villes. C’est l’un des constats, pour la Gironde, du Baromètre des villes cyclables 2021, dévoilé jeudi soir par la FUB (Fédération des usagers de la bicyclette).

Benoit Gilliot, coordinateur de l’association Vélo-Cité, nuance toutefois d’emblée ce résultat brut : « on peut difficilement comparer les palmarès de 2019 et 2021, car entre-temps nous avons intégré les villes de plus de 100.000 habitants dans le classement des grandes villes. »

« Manque de continuité des pistes cyclables »

A contrario, on peut même souligner que la note obtenue par Bordeaux (3,40) est au-dessus de celle décrochée en 2019 (3,24). Le ressenti s’est donc amélioré. Mais la commune reste tout de même en dessous de la moyenne, et n’obtient qu’un D… Pas terrible. « Il y a surtout une très forte augmentation de l’attente » de la part des cyclistes, analyse Benoit Gilliot. Surtout dans une ville où la pratique se développe considérablement. En 2019, la part modale du vélo était estimée à 14 % dans Bordeaux intra-muros. La prochaine enquête ménage devrait confirmer que celle-ci s’est très certainement encore accrue depuis.

« Les cyclistes ne se suffisent plus de promesses et attendent clairement un saut qualitatif sur les aménagements, poursuit Benoit Gilliot, ainsi qu’un apaisement majeur avec les véhicules motorisés. Le manque de stationnement pour les vélos, les vitesses excessives des véhicules, le manque de continuité des pistes cyclables dans les carrefours… Ce qui était acceptable il y a quelques années, le devient de moins en moins. C’est pourquoi le plan vélo de la métropole est très attendu pour apaiser la situation. »

Réseau Vélo Express en vue

La métropole a effectivement voté fin 2021 un budget de 138 millions d’euros en faveur du vélo pour ces trois prochaines années. Il doit permettre, notamment, de démarrer l’aménagement d’un Réseau Vélo Express (ReVE), censé atteindre 270 km de long à l’horizon 2030.

« C’est un plan vélo ambitieux, qualitatif, se réjouit Benoit Gilliot. Il y a un budget conséquent, on n’attendait presque pas autant. Il reste toutefois un gros point d’interrogation sur le stationnement vélo, notamment en gares. Pour faire une jonction avec le projet de RER métropolitain, il faut un plus grand nombre de stations vélo, mais la SNCF a encore du mal à intégrer le vélo dans ses aménagements. »

L’association Vélo-Cité prévient qu’elle regardera à la loupe les aménagements qui seront réalisés, et va même créer pour l’occasion un panel de cyclistes très élargi pour faire remonter un maximum de remarques. « On demande que soit faite pour le vélo la même chose que ce qui a été fait pour le tram, c’est-à-dire des couloirs ininterrompus qui traversent la métropole, sans aucune rupture. Il faut gérer les intersections, les points durs, ce que tout le monde se refuse à gérer depuis cinquante ans. Les cyclistes demandent qu’on ne les abandonne pas dans les ronds-points. »