Bordeaux : « De la gare à la Garonne », le projet Canopia veut faire dans « la haute couture urbaine »

Le projet de « Rue Bordelaise » évolue, et devient « Canopia. » Le promoteur Apsys a présenté mardi la nouvelle mouture de son projet urbanistique qui doit « connecter la gare à la Garonne », comme le résume l’architecte de l’opération Edouard François. « Un projet de haute couture urbaine » se félicite le président fondateur d’Apsys, Maurice Bansay.

« Nous avons obtenu le permis de construire au début de l’année, et nous sommes dans un processus d’acquisition-foncière qui est déjà très avancé, a annoncé Maurice Bansay. Nous voulons démarrer les travaux le plus vite possible avec une perspective d’ouverture à l’horizon 2026 » précise-t-il, ajoutant que « nous ambitionnons de réaliser cette opération en une seule phase ».

« Nous avons obtenu des modifications substantielles » se félicite Pierre Hurmic

Regardé d’un mauvais œil par la nouvelle municipalité écologiste à son arrivée, ce projet long d’environ 300 mètres, hérité de la mandature précédente, « a évolué dans le cadre de nos discussions avec la ville de Bordeaux » assure Maurice Bansay. Une évolution positive, « même si c’est un peu contrariant sur le moment ». Ainsi, Canopia se veut désormais « irréprochable en matière d’engagement environnemental ». Cela se traduira notamment par 7.300 m2 de surface plantée en pleine terre, une « rue-parc entièrement végétalisée » avec « des bâtiments végétaux qui vont ponctuer les différentes architectures » décrit Edouard François, et l’arrivée d’une ferme urbaine.

Le projet de rue-parc Canopia à Bordeaux, sera ponctué d'immeubles végétalisées, assure l'architecte Edouard François.
Le projet de rue-parc Canopia à Bordeaux, sera ponctué d’immeubles végétalisées, assure l’architecte Edouard François. – Métrochrome_Maison Edouard François

« Dans une ville de pierre nous avons fait le choix d’un projet 100 % pierre, et avec des bâtiments à l’échelle des hauteurs bordelaises, à savoir entre huit et douze mètres », ajoute l’architecte. Quelque 6.800 m2 de façades vont par ailleurs être conservées, soit 27 % de l’opération. « On a essayé de garder tout ce qu’il était possible de garder, dans l’idée de faire avec ce qui existe », explique Edouard François. Apsys a par ailleurs « accepté de réduire la surface du parking, à la demande de la mairie » : il passera de 1.000 places à 750 places, « avec la possibilité de le réduire encore à 500 places dans un deuxième temps ».

Le maire de Bordeaux Pierre Hurmic se félicite de son côté d’avoir obtenu davantage de logements. Une centaine d’appartements, sur 6.000 m2, seront proposés dans le nouveau projet, dont 35 % de logements sociaux. Sur la partie commerciale, qui se taille la part du lion dans le projet avec 45.000 m2 de surface, le maire assure que « ces commerces devront s’intégrer dans le tissu bordelais pour répondre aux besoins des habitants et éviter toute concurrence avec des enseignes existantes ». « Nous avons obtenu des modifications substantielles », se félicite aujourd’hui l’élu.

Commerces, pôle loisirs et hôtels

Dans le détail, « il y aura quatre grands pôles commerciaux, qui se répartiront sur seize moyennes surfaces et une centaine d’unités plus petites, annonce Maurice Bansay : nous aurons d’abord les vitrines et les talents du territoire au travers de commerçants indépendants, ensuite des concepts urbains avec de grandes enseignes qui avaient l’habitude de s’installer sur de très grands formats en périphérie, et qui sont en train de revenir dans la ville, je pense à du bricolage, du meuble, de la jardinerie ou de la décoration. Nous aurons aussi un pôle dédié à la proximité, avec une surface alimentaire, des commerces de bouche, et un volet d’économie sociale et solidaire. Enfin, une partie loisirs de 10.000 m2 et de la restauration. »

Le pôle loisirs, qui se situera à l’extrémité du projet au niveau des quais, sera destiné aux familles. « On vient de réaliser un projet de ce type à Saint-Etienne qui s’appelle Seven Squares, avec du bowling, du trampoline, du mur d’escalade, du jeu pour enfants, du karting électrique… » précise Maurice Bansay.

Canopia proposera enfin « un programme hôtelier de 9.000 m2 avec deux concepts de nouvelle génération, comprenant des toitures végétalisées et animées par ces deux hôtels, et enfin des espaces de travail, répartis sur 6.000 m2 sur trois immeubles ».

Nouveau parc au niveau des quais

Ce projet va par ailleurs « participer à la fin de la requalification des quais de Bordeaux, puisque avec l’établissement Euratlantique nous allons finir l’aménagement des quais avec la création d’un parc. » Valérie Lasek, directrice d’Euratlantique, annonce en effet la création du parc Descas au niveau des quais. D’une surface de deux hectares, il permettra à la ZAC Bordeaux-Saint-Jean de passer de trois hectares à dix-huit hectares d’espaces verts au total. « Les premiers coups de pelle seront donnés dès 2023, avec pour objectif de livrer dès 2025 une partie de ce parc. »

Le projet Canopia va aussi participer à la requalification des quais de Bordeaux
Le projet Canopia va aussi participer à la requalification des quais de Bordeaux – ArtefactoryLab pour Apsys

Avec un investissement global de 500 millions d’euros, porté à 450 millions d’euros par Apsys et 50 millions d’euros par les futurs locataires commerciaux, « il s’agit d’un énorme investissement à l’échelle nationale » assure Maurice Bansay.