Bordeaux : De La Buttinière à Achard, un téléphérique pour franchir la Garonne en sept minutes

Elles veulent toutes leur téléphérique… Après Brest en 2016, Toulouse au printemps prochain, Créteil et Nice aux alentours de 2025, Bordeaux souhaite aussi réaliser, dans les cinq à six ans, un transport par câble au-dessus de la Garonne. Relativement rapide à mettre en œuvre et acceptable financièrement, le téléphérique coche a priori toutes les cases. 20 Minutes fait le point sur le projet bordelais, avant la phase de concertation prévue avant l’été.

Quel tracé ?

Trois sites avaient été étudiés dans un premier temps, entre Bassens et Blanquefort, entre Bègles et Bordeaux et entre Lormont-Cenon et le quartier Achard à Bordeaux. C’est ce dernier qui a été retenu.

Les six scénarios de téléphérique à Bordeaux, qui seront soumis à enquête publique
Les six scénarios de téléphérique à Bordeaux, qui seront soumis à enquête publique – Bordeaux Métropole

Il reste maintenant à affiner le tracé entre six scénarios possibles, même si l’idée est de « partir du pôle Buttinière à Lormont, poursuivre au-dessus du couloir du tramway qui descend vers la gare de Cenon, marquer un arrêt à Lissandre pour une connexion avec la ligne de bus Bassens-Campus, puis repiquer vers Achard, près du pont d’Aquitaine sur la rive gauche, en survolant essentiellement des friches et sites industriels, explique Jean Touzeau, le maire de Lormont et vice-président de Bordeaux Métropole en charge de la valorisation du fleuve et des franchissements et rééquilibrage vers la rive droite. Les habitations et les espaces naturels seront très peu concernés. » En revanche, ce couloir se situe en limite du périmètre Unesco de Bordeaux. « Il faudra en effet regarder cela attentivement » reconnaît l’élu.

Quel intérêt ?

Le téléphérique n’a pas que des adeptes. A droite, l’ancien vice-président en charge des transports et maire de Saint-Aubin-de-Médoc Christophe Duprat (LR) évoque un projet « gadget » au regard d’une fréquentation annoncée de 15.000 voyageurs par jour. « Bien sûr que ce n’est pas un téléphérique qui va régler à lui seul les questions de mobilité ou d’embourbement que nous vivons sur la rive droite, reconnaît Jean Touzeau. Mais c’est un élément très intéressant qui va permettre de relier en sept minutes la ligne A (à Buttinière) et la ligne B (à Achard) du tramway. Cette liaison va donc connecter trois grands réseaux de transport avec la ligne Bassens-Campus, et va permettre de repenser le réseau de transport autour de La Buttinière. L’un de nos objectifs est de réaliser de plus en plus de parcs-relais en extérieur de rocade, pour permettre aux utilisateurs d’y laisser leur voiture et de rejoindre en bus La Buttinière, d’où ils pourront prendre le tramway ou le téléphérique pour traverser la Garonne. C’est complémentaire. »

Le téléphérique doit en revanche être interrompu durant une certaine période chaque année, pour des opérations de maintenance. « L’immobilisation serait de l’ordre de quinze jours par an, assure Jean Touzeau. L’entretien pourrait se faire durant une période de vacances, et il reste toujours la ligne A du tramway pour relier les deux rives. »

Quel coût ?

En fonction du tracé retenu, le budget qui comprend l’aménagement de stations, le système de transport composé de pylônes, câbles et cabines, ainsi que la création de parcs-relais et de passerelles, serait compris entre 55 et 70 millions d’euros. « Je ne connais aucun dispositif de franchissement aussi positif que celui-ci en termes budgétaires, puisque nous sommes sur l’équivalent de trois kilomètres de tramway », assure Jean Touzeau. En plus de l’intérêt pour le transport du quotidien, l’élu y voit aussi une possibilité de développement touristique : « Il sera intéressant d’emprunter ce téléphérique pour découvrir les coteaux de Garonne, le Rocher de Palmer et tous les attraits de la rive droite. »

Quel calendrier ?

La phase de concertation devrait démarrer en mai-juin, pour une durée de deux mois. « Plusieurs tracés seront soumis à l’enquête publique, l’intérêt étant de choisir le couloir le moins pénalisant pour les habitants et sur le plan environnemental, poursuit Jean Touzeau. Le président de la métropole veut faire avancer ce dossier très vite. » La mise en service pourrait intervenir aux alentours de 2027.