Bordeaux: C’est quoi ce projet du groupe Safran de campus d’innovation 3D au Haillan?

Le site de Safran Ceramics au Haillan, en Gironde. — Vincent Le Gallic

  • Ce campus-usine s’implanterait sur le site que Safran possède déjà au Haillan, Safran Ceramics.
  • Il devrait employer à terme 200 personnes et pourrait permettre le reclassement de 30 à 50 salariés de Ford à Blanquefort.
  • Ce projet de 68 millions d’euros sera soutenu financièrement à hauteur de 10 % par la région Nouvelle Aquitaine.

Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, et le directeur général de Safran Philippe Petitcolin, ont annoncé mardi que le groupe aéronautique français allait implanter un centre de recherche sur la fabrication de pièces en 3D, appelée aussi fabrication additive, au Haillan, près de Bordeaux. 20Minutes a contacté le groupe Safran pour se faire expliquer en quoi va consister ce projet qui devrait employer à terme quelque 200 personnes.

Quel est ce projet de campus d’innovation 3D de Safran au Haillan ?

C’est un site sur lequel il va y avoir de la recherche, du développement, du prototypage et un peu de fabrication de pièces en 3D, notamment pour les moteurs conçus par Safran. Ce sera une sorte de « campus-usine », consacré à la fabrication de pièces en 3D, ou fabrication additive, pour l’ensemble du groupe présent dans le monde entier. Il regroupera le centre de compétences R&T (recherche et technologies), les activités de développement et de production depuis des prototypes jusqu’à des pièces séries. Safran conçoit déjà certaines pièces en 3D, par exemple des pièces pour des moteurs d’hélicoptères ou pour des éléments d’intérieur d’avions, mais cela reste restreint. Avec ce site, le groupe aéronautique vise une forte montée en compétences. D’une surface de 10.000 m², dont 6.500 m² d’ateliers, le bâtiment accueillera jusqu’à 50 imprimantes 3D.

Est-ce que des éléments entiers pourraient à terme être fabriqués en 3D ?

Certainement pas. Ce n’est en tout cas pas envisagé par Safran aujourd’hui, car les systèmes qu’il fabrique, comme ses moteurs, sont très complexes et comportent plusieurs milliers de pièces.

Quel est l’avantage de la fabrication additive ?

Le but est de fabriquer certaines pièces plus rapidement qu’en passant par toutes les études liées à la fabrication traditionnelle. En revanche, les économies d’échelle seraient relativement limitées, car là où le secteur automobile peut sortir plusieurs millions d’unités par an, le moteur le plus vendu de Safran dans le monde, représente à peu près 2.000 unités par an.

Quel est le calendrier pour le lancement de ce campus ?

L’objectif est de construire le bâtiment en 2020, pour une installation des équipes en 2021. A horizon 2023, l’entité devrait compter 75 personnes pour la partie recherche et 90 personnes pour la partie production. A terme, les effectifs devraient monter jusqu’à 200 personnes.

Quel est le montant de ce projet ?

Il se chiffre à 68 millions d’euros, avec une aide de la région Nouvelle-Aquitaine de 6,9 millions d’euros.

Des salariés de Ford à Blanquefort y seront-ils reclassés ?

Oui, confirme Safran. Il y aura un projet de reconversion qui concernera entre 30 et 50 salariés de Ford.

Pourquoi installer ce campus au Haillan ?

Safran et Le Haillan, c’est une vieille histoire. Safran possède déjà deux sites sur cette commune, Safran Ceramics, un centre de recherche dédié aux composites à matrice céramique, et Ariane Group, une « joint-venture » à 50/50 avec Airbus pour la fabrication des lanceurs de la fusée Ariane, qui emploie 1.200 personnes.

Safran Ceramics, qui emploie une centaine de personnes, est un site de recherche et développement sur les matériaux composites à matrice céramique, pour accompagner la diminution de consommation de kérosène, par l’allégement des moteurs et l’amélioration de leur rendement. Les travaux menés sur ce site permettent d’envisager de remplacer les pièces de moteurs en alliages métalliques par des matériaux composites plus légers et plus résistants à très haute température.

Ces deux sites sont implantés sur le périmètre de l’OIM (Opération d’intérêt métropolitain) Aeroparc, où se trouvent déjà d’autres poids lourds de l’aéronautique comme Thales ou encore Dassault.

Pour la maire du Haillan Andrea Kiss, jointe par 20Minutes, l’annonce de l’implantation de ce nouveau site est évidemment « une excellente nouvelle ». « Ce choix relance la vocation industrielle du Haillan où la présence de Safran, qui emploie déjà 1.000 personnes sur notre commune, est historique. »

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