Boeing : Le 777X entame son vol inaugural

Un prototype de Boeing 777X lors de son vol inaugural à Everett (Etats-Unis), le 25 janvier 2020. — Ted S. Warren/AP/SIPA

Le plus grand avion au monde doté de seulement deux moteurs, le Boeing 777X, a décollé samedi pour la première fois, après de longs mois de retard et une météo capricieuse ces derniers jours. Le nouveau long-courrier du constructeur américain a pris son envol depuis Paine Airfield, à Everett dans le nord-ouest des Etats-Unis. « Oui ! Décollage du Boeing triple 7 X », s’est exclamé Josh Green, un membre de l’équipe de communication du constructeur aéronautique au moment où les roues de l’appareil se sont détachées de la piste avant de s’engouffrer dans les nuages, à 18h10 GMT.

Peu de temps auparavant les pilotes avaient déployé le bout des ailes -les winglets- si caractéristiques de cet appareil. Ces bouts pliants permettent d’améliorer la portance en vol mais se replient lorsque l’appareil est au sol pour pouvoir desservir un maximum d’aéroports. La poussée des deux moteurs géants du triple 7 X, fabriqués par General Electric, a ensuite provoqué d’immenses gerbes d’eau sur la piste avant de donner à l’avion assez de vitesse pour s’envoler.

Un vol repoussé plusieurs fois

Ce vol inaugural, qui devrait durer plusieurs heures si tout se passe bien, marque le début de toute une batterie de tests en vol devant mener à la certification de l’appareil. L’avion se posera sur Boeing Field en banlieue de Seattle. Boeing s’était vu forcer de reporter ce vol jeudi et vendredi en raison de la météo et surtout du vent.

Le vol inaugural du 777X était initialement prévu à l’été 2019, mais avait dû être repoussé en raison de problèmes avec le nouveau moteur GE9X, fabriqué par General Electric, et de difficultés avec les ailes et la validation des logiciels. L’avion a aussi rencontré des problèmes importants lors d’essais de pressurisation, dépassant sciemment les conditions normales d’utilisation pour s’assurer de la fiabilité du matériel, en septembre dernier.

Le décollage arrive à point nommé pour Boeing, qui a absolument besoin d’une bonne nouvelle. Il est englué dans une crise sans précédent depuis l’accident rapproché de deux 737 MAX en octobre 2018 et mars 2019, qui ont fait 346 morts. Outre la grave crise de confiance à laquelle doit faire face le constructeur américain, l’affaire du MAX a un coût exorbitant. La facture s’élève pour l’instant à plus de 9,2 milliards de dollars, mais les analystes s’attendent à ce qu’elle s’envole.

Un carnet de commandes de 340 unités

Le 777X, qui peut transporter de 384 à 426 passagers, présente un carnet de commandes de 340 unités, principalement de la part de sept grandes compagnies aériennes, dont Emirates, Lufthansa, Cathay Pacific, Singapore Airlines et Qatar Airways. Il est censé concurrencer l’A350 de l’avionneur européen Airbus. Les premières livraisons ne sont pas attendues avant « début 2021 », au lieu de mi-2020 comme prévu initialement, car la période des vols d’essai devrait être allongée et la procédure d’homologation approfondie.

Le 777X est censé conforter la domination de Boeing sur Airbus dans le long-courrier, position fragilisée par la réduction prochaine des taux de production du 787 « Dreamliner », faute de commandes fermes de la Chine. Selon le site du constructeur, le modèle 777X a un rayon d’action de 16.200 à 13.500 kilomètres en fonction de la configuration et du nombre de passagers à bord et se veut extrêmement économe en carburant. Un argument fort en ces temps de « fly shaming » et d’économies tous azimuts pour les compagnies aériennes. Il coûte entre 410 et 442 millions de dollars au prix catalogue, qui n’est que très indicatif et souvent exagéré par rapport au prix réel payé par les clients.

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