Birmanie : Fin du procès d’Aung San Suu Kyi, condamnée à 33 ans de prison au total

Aung San Suu Kyi est enfin fixée sur la durée totale de sa peine de prison, après un procès-fleuve. L’ex-dirigeante birmane, renversée par l’armée début 2021, a été condamnée à 7 ans de prison pour corruption, soit une peine totale de 33 ans derrière les barreaux si l’on rajoute ses autres condamnations. La célèbre opposante âgée de 77 ans, prix Nobel de la paix 1991, est apparue en « bonne santé » selon une source judiciaire. Elle pourrait finir en prison une vie marquée par son combat pour la démocratie.

Elle est incarcérée depuis le coup d’Etat militaire du 1er février 2021 qui a mis fin à une brève période de libertés dans ce pays d’Asie du Sud-Est à l’histoire mouvementée. Un tribunal de la capitale Naypyidaw, qui siège exceptionnellement dans le centre pénitentiaire où elle a été placée à l’isolement, a reconnu l’ex-dirigeante coupable vendredi des cinq chefs d’accusation de corruption la visant. L’ex-président birman Win Myint, coaccusé dans ce dernier volet du procès, a reçu la même peine qu’elle et tous deux vont faire appel, selon la même source.

Des élections en 2023 ?

Dans une affaire de location d’hélicoptère pour un ministre, Aung San Suu Kyi était accusée de n’avoir pas respecté les règles et d’avoir causé « une perte pour l’Etat ». Les accusations de corruption sont « ridicules », a réagi Htwe Htwe Thein, professeure associée à l’université australienne de Curtin. « Il n’y a pas la moindre trace de corruption dans le leadership d’Aung San Suu Kyi, sa gouvernance ou son style de vie. » « Toutes ses affaires sont terminées, il n’y a plus d’accusations contre elle », a précisé la source judiciaire qui a requis l’anonymat.

Corruption, fraude électorale, violation de secrets d’Etat et des restrictions anti-Covid… Depuis le début de la procédure judiciaire en juin 2021, Aung San Suu Kyi a été condamnée pour de multiples infractions. La fin de son procès long de 18 mois, qualifié de simulacre par les groupes de défense des droits humains, ouvre une nouvelle période d’incertitudes en Birmanie, avec la perspective d’élections en 2023 promises par la junte, en quête de légitimité.