France

Bière : « Tout le monde s’y met » pour éviter la gueule de bois, brasseries misent sur le sans alcool.

La France compte 2.500 brasseries et est le pays avec le plus grand nombre de brasseries en Europe. La consommation de bière y est de 33 litres par habitant et par an, faisant des Français les plus petits buveurs de bière de l’Union européenne.

La France présente un paradoxe intéressant. Bien que reconnue comme un pays de vin, elle possède également une longue tradition de brassage de bière. Avec 2.500 brasseries de tailles variées sur son territoire, l’Hexagone est le pays d’Europe qui en compte le plus grand nombre. Pourtant, malgré cette richesse en houblon, les Français ne consomment que 33 litres de bière par habitant et par an, faisant d’eux les plus petits consommateurs de bière au sein de l’Union européenne.

Dans un marché de la bière « atone », seul le segment du sans alcool a progressé en France l'an dernier. Illustration.
Dans un marché de la bière « atone », seul le segment du sans alcool a progressé en France l’an dernier. Illustration.  - Charly Triballeau / AFP

Cette situation ne favorise pas les affaires du secteur, qui reste fragilisé après deux années de déclin. « Les volumes des ventes ont baissé de 7 % entre 2022 et 2024, en raison de la crise post-Covid et de l’inflation », indique Magali Filhue, déléguée générale de Brasseurs de France. L’année dernière, une légère amélioration a été constatée avec une hausse de 1,2 % de la consommation à domicile. En revanche, celle hors domicile a diminué de 1,5 %.

Des pauses alcool même en dehors du Dry January

Sur ce marché « qui demeure atone », d’après Magali Filhue, seul le segment du sans alcool connaît une belle progression, avec une augmentation des ventes de 11,5 % sur un an. « Cependant, cela ne représente actuellement que 6 % des volumes en grande distribution, nuance la déléguée générale de Brasseurs de France. Mais c’est une tendance qui devrait perdurer. »

Notre dossier sur le Dry January

À l’échelle mondiale, la consommation d’alcool diminue, ce qui réjouit les professionnels de santé. Cela est particulièrement vrai en France, où la consommation a été divisée par deux et demi en soixante ans. Moins d’alcool, mais de meilleure qualité : de nombreux consommateurs réguliers prennent aussi l’habitude de faire des pauses avec l’alcool, même en dehors du célèbre Dry January.

40% des brasseurs produisent déjà du sans alcool

Néanmoins, le marché du sans alcool est en plein essor, suscitant l’intérêt des brasseurs. « Tout le monde s’y met et diversifie son offre pour s’adapter aux goûts des consommateurs », admet Magali Filhue. Selon une enquête réalisée en début d’année par leur syndicat Brasseurs de France, 40 % des professionnels ont déclaré produire de la bière sans alcool, de manière régulière ou ponctuelle. « De plus, 30 % ont évoqué avoir un projet en cours », précise la déléguée générale, se félicitant de l’innovation dans le secteur. « Les clients disposent désormais d’un choix varié avec des bières IPA, Stout ou ambrées sans alcool », ajoute-t-elle.

Même chez nos voisins belges, traditionnellement grands consommateurs de bières fortes, le sans alcool gagne chaque année des parts de marché. Parmi les 1.600 variétés de bières produites chaque année en Belgique, plus d’une centaine sont désormais sans alcool, faisant de ce segment le seul à progresser.