Biarritz : Un opposant russe affirme avoir été visé par « une tentative d’assassinat »

Il affirme avoir échappé à une tentative d’assassinat le 12 septembre au soir, alors qu’il se trouvait à son domicile, sur la côte basque, avec femme et enfants. Une enquête a été ouverte à la mi-septembre pour « menaces » contre Vladimir Ossetchkine, directeur d’une ONG spécialisée dans la défense des prisonniers russes, réfugié à Biarritz (Pyrénées-Atlantiques).

« Le 12 septembre, vers 21 heures, je me trouvais à la maison, je travaillais dans l’obscurité, je n’avais pas allumé la lumière », raconte cet opposant au régime de Vladimir Poutine, joint au téléphone par l’AFP. « Quand ma femme et mes enfants sont arrivés, nous avons allumé la lumière et avons commencé à faire dîner les enfants, et j’ai remarqué un point rouge [pouvant être un viseur laser] qui bougeait sur la balustrade de l’une des terrasses et qui se dirigeait ensuite vers moi sur le mur ».

« Nous nous sommes couchés par terre et avons appelé la police »

Le directeur de l’ONG Gulagu.net, qui dénonce régulièrement des faits de torture et de corruption au sein du système pénitentiaire russe, poursuit : « Nous avons éteint la lumière, nous nous sommes couchés par terre, avons fermé les volets et appelé la police ». Vladimir Ossetchkine évoque des tirs d’arme à feu qui auraient suivi. « Quand la police est venue, ils sont entrés dans la maison de l’autre côté et quand ils ont essayé d’ouvrir le volet d’un des balcons, ils ont aussi entendu des tirs, ils ont ensuite interrogé des voisins qui ont aussi entendu ces tirs. »

Selon des sources proches du dossier, qui ne confirment ni n’infirment les tirs, et se montrent prudentes sur les faits, une enquête pour « menaces » et non pour tentative d’homicide a été ouverte et confiée à la police judiciaire. Contacté par l’AFP, le parquet de Bayonne n’a pas souhaité communiquer sur cette procédure.

Vidéos de viols dans des prisons russes

L’ONG de Vladimir Ossetchkine avait diffusé en 2021 des vidéos de viols dans des prisons russes, ainsi que des témoignages de victimes et, fait rarissime, de tortionnaires, entraînant l’ouverture d’une enquête par les autorités. Elle affirme disposer de plus de 1.000 vidéos montrant des tortures en prison.

L’opposant affirme avoir été informé, début février, d’un projet d’assassinat le visant et avoir été placé depuis sous protection policière.