France

« Belphégor » : tournage « magique » et « compliqué » au Louvre

Belphégor sera disponible ce jeudi sur HBO Max, avant une diffusion sur M6 en 2026. Le cambriolage au Louvre a eu lieu le 19 octobre 2025, où les braqueurs se sont introduits en brisant le carreau d’une fenêtre à l’aide d’une disqueuse sans fil.


Soixante ans après l’adaptation emblématique de Claude Barma mettant en vedette Juliette Gréco, Yves Rénier et François Chaumette, *Belphégor* revient troubler les couloirs du Louvre ! Cette nouvelle version, librement inspirée du roman-feuilleton d’Arthur Bernède publié en 1927, sera accessible ce jeudi sur HBO Max, suivie d’une diffusion sur M6 prévue pour 2026.

De nombreuses séquences de ce thriller psychologique, élaboré par Nils Antoine Sambuc, Thomas Mansuy et Mathieu Leblanc, ont été filmées au Louvre. Mais dans quelles conditions ce tournage a-t-il pu se réaliser dans ce musée prestigieux ?

### Le département des Antiquités orientales à l’honneur

L’adaptation, réalisée par Nils Antoine Sambuc et Thomas Mansuy, dépeint Hafsa Moreau (Shirine Boutella), une restauratrice d’art récemment recrutée au Louvre. Lors d’un vernissage, elle découvre un masque mésopotamien dédié au dieu de l’orage « Baal Phégor », plus communément appelé « Belphégor ».

Aude Albano, directrice de l’activité séries et productrice chez Pathé, évoque ce choix en rappelant : « Le Louvre était ravi qu’on s’intéresse au département des antiquités orientales plutôt qu’à l’Égypte ou à d’autres départements très connus du grand public. Ils nous ont ouvert grand les portes. Belphégor nous ramène à la Mésopotamie, et à l’Irak. » Envoûtée par ce masque, Hafsa se trouve mêlée à une série de disparitions mystérieuses au sein du musée, dont elle ne se souvient pas.

### La mise en scène d’un cambriolage au Louvre

Devenue la principale suspecte dans cette affaire, Hafsa doit fuir ceux qui la traquent, tout en affrontant ses propres démons pour découvrir le lien puissant qui l’unit à Belphégor. « On ne peut pas mettre en scène un cambriolage au Louvre en montrant qu’on passe par une fenêtre », a précisé Mathieu Leblanc, l’un des coscénaristes, lors du Festival de la Fiction de La Rochelle.

Malheureusement, depuis cet échange, la réalité a dépassé la fiction. Le cambriolage spectaculaire du Louvre, survenu le 19 octobre 2025, a été réalisé par des malfaiteurs qui ont brisé une fenêtre à l’aide d’une disqueuse sans fil.

### Un « rêve de scénariste », un cauchemar de réalisateur

Dans cette version, la quête du précieux masque de Belphégor entraîne Hafsa et le personnel du Louvre dans le monde problématique des riches collectionneurs d’art et des trafiquants prêts à tout pour récupérer des trésors anciens. « Bien que cette thématique de la restitution et son aspect plus sévère, le trafic d’antiquités, ne concerne pas le Louvre dans la réalité, il s’agit d’une problématique qui génère des milliards et finance la mafia et les terroristes. Nous avons réussi à intégrer des éléments de cette réalité dans une série très fictionnelle », a déclaré Nils Antoine Sambuc.

Il a également ajouté : « Le Louvre, c’est un rêve de scénariste, mais c’est un peu un petit cauchemar pour la production et la mise en scène. »

### Un tournage au Louvre « excitant » mais « compliqué »

« Pour tourner au Louvre, il faut le prévoir et dire précisément ce que l’on va faire », explique Jérémy Mainguy, le réalisateur.

« Il y a eu un grand échange avec le Louvre qui a duré plusieurs semaines pour savoir ce qu’on pouvait faire. Profiter de ce décor unique, sans dénaturer quoi que ce soit. Tourner au Louvre, c’est excitant, mais ça coûte assez cher et c’est compliqué, parce que ce n’est pas souvent disponible. Le musée est très souvent ouvert. Il faut tourner dans les créneaux de fermeture au public, la nuit et le jour de fermeture en semaine, qui est réservé longtemps en avance. »

Bien sûr, lorsqu’on tourne parmi des œuvres valant des millions, il est impossible de se permettre des imprudences. « Lorsqu’on est une équipe de tournage avec des moyens techniques, des perches, des caméras, des grues, ce n’est pas le même enjeu. L’accident de perche sur *Le Radeau de la Méduse*, ça ne doit pas arriver », souligne le réalisateur. « On peut tourner partout, mais il y a de réels défis techniques d’éclairage, ce qui a conduit à sélectionner des endroits spécifiques. »

### Des acteurs « hyperpriviliégiés »

Du côté des acteurs, l’émerveillement règne. « C’était magique. On avait récupéré des passes la veille pour pouvoir rentrer, tout était très sécurisé. J’étais comme une gamine. On n’avait pas le droit d’aller où l’on voulait, mais voir la salle des antiquités orientales vide, c’était magique ! », se réjouit Aure Attika, qui interprète la directrice du département des Antiquités orientales.

« Le silence du Louvre m’a impressionné. On se sent hyper privilégiés », confie Shirine Boutella, ajoutant : « On n’a pas pu s’approcher de la Joconde parce qu’il y a tout un système d’alarme autour d’elle. »

Vincent Elbaz, qui joue le rôle d’un ancien policier travaillant pour la sécurité du musée dans cette fiction de HBO et M6, se réjouit d’avoir eu, pour lui seul, *Les Noces de Cana*, le plus grand tableau du Louvre, mesurant plus de 6 mètres de haut et près de 10 mètres de long, soit plus de 70 m². « C’était pas mal », avoue-t-il. Shirine Boutella a exploré les couloirs du Louvre en long et en large. « Le réalisateur m’a fait faire des kilomètres », s’amuse-t-elle.