Bayern Munich – PSG : Attendus au sommet, Navas, Neymar et Mbappé ont répondu présents

Keylor Navas a une fois de plus été énorme — Matthias Schrader/AP/SIPA

On a beaucoup taclé Mauricio Pochettino et ses éternels poncifs en conférence de presse, mais on ne peut guère lui reprocher d’avoir enfoncé des portes ouvertes face à l’évidence en conférence d’après-match, mercredi soir. Son équipe « a eu un peu de réussite » sur la pelouse de l’Allianz Arena, en tout cas juste ce qu’il fallait pour en sortir avec un but de plus que le bulldozer bavarois en quart de finale aller de Ligue des champions. Mais l’entraîneur du Paris Saint-Germain peut aussi se satisfaire de la prestation de grande classe – usons aussi de clichés – de sa « colonne vertébrale » Navas, Marquinhos (en mode intermittent du spectacle), Neymar et Mbappé​. Tous ont contribué à l’exploit parisien à leur manière.

Keylor Navas, tu n’es pas de notre galaxie

Léger embarras au moment de réfléchir aux thèmes à aborder après ce match de tarés. Un sujet revient sans cesse sur la table, l’héroïsme de Keylor Navas. On a beau l’expédier sous tous les angles, il finit par vous revenir dessus comme un boomerang. Après avoir dégoûté le FC Barcelone au Parc, le Costaricain a donc remis ça à Munich. En mieux. Un chiffre pour illustrer la dinguerie. Sur les 12 tirs cadrés par les fous furieux d’Hansi Flick, le gardien parisien en a sorti dix, dont certains de manière irréelle, comme l’arrêt de hand devant Müller… Forcément, les mots commencent à nous manquer, de même qu’ils manquent à Poche.

« Keylor fait partie des meilleurs gardiens au monde, et on est très contents de l’avoir avec nous ». Les propos de Colin Dagba au micro de RMC Sport ne sont pas plus expansifs (« Navas nous fait beaucoup de bien ») mais ont le mérite d’exister. Quant à ceux de Benjamin Pavard, ils traduisent une certaine frustration : « ils ont peut-être eu quatre ou cinq tirs, ils ont marqué trois fois. Nous, on a dû tirer 30 ou 31 fois… » Sauver les meubles et dégoûter l’ennemi, double réussite pour San Keylor.

« Neymarquinhos », joga bonito

Que Ney nous pardonne. Ses récents déboires et sa faculté à perdre la lumière dans un tunnel nous ont guidés vers un pari emprunt de mauvaise foi avant le coup d’envoi. Sous la menace d’une suspension au match retour, on voyait bien le Brésilien prendre un jaune à 10e minute, grand max. Perdu. Non seulement Neymar s’est tenu à carreau, mais en plus, il a sorti le grand jeu dès la 3e minute. Une conduite de balle de patron pour aller fixer la défense, une feinte de corps et un décalage parfait en guise de passe dé pour Mbappé. Propre.

25 minutes plus tard, rebelote. A la réception d’un deuxième ballon récupéré dans la séquence d’un coup de pied arrêté, Ney adresse un ballon génial à Marquinhos qui prend à défaut toute la défense bavaroise. La science essaye encore de savoir comment les deux hommes ont réussi à se comprendre aussi bien, mais elle est pour l’heure sans réponse. De notre côté, on hésite entre la télépathie, une connexion Bluetooth ou la 5G du vaccin, et on imagine le dialogue un peu comme ça :

– Marqui, bouge pas je t’envoie une douceur, tu m’en diras des nouvelles.

-Ok Ney, ça tombe bien j’ai les adducteurs cramés, je peux pas retourner défendre avec les autres, mdr.

Les Brésiliens sont-ils allés trop vite ou la défense allemande a-t-elle tardé à remonter la ligne du hors-jeu ? La vérité se situe sans doute entre les deux. On saluera en tout cas l’abnégation de Marquinhos, qui aurait pu sortir beaucoup plus tôt, mais a préféré quitter la pelouse en patron sur un enchaînement d’une justesse à faire pâlir 80 % des attaquants de Ligue 1.

Kylian, les responsabilités

En parlant de patron, Kylian Mbappé a souscrit à un forfait masterclass en matchs allers de Ligue des champions, avec option souillage de stades mythiques. « J’aime ce genre de matchs, même si ça ne m’a pas toujours souri, a-t-il déclaré après la rencontre sur RMC Sport. Mais je suis pas là pour me cacher, j’aime ce genre de matchs, j’aime être décisif. » A son premier duel gagné un peu par hasard contre un Neuer coupable d’avoir oublié de chauffer ses pneus par -12 degrés, on préférera tout le reste. A commencer par son second but qui pour le coup est un chef-d’œuvre de malice. Après 15 visionnages, l’impression reste la même. Tout indique que Kyky va aller chercher l’enroulé petit filet opposé à la Thierry Henry, et le bonhomme ferme tout au dernier instant. A vous faire passer les défenseurs bavarois pour des enfants. « C’est un grand joueur. Il l’a encore montré aujourd’hui », s’incline Pavard.

Si Mbappé était là où on l’attendait, il s’est également illustré en mettant les mains dans le cambouis du jeu sans ballon à la demande de Pochettino, à s’en cramer les jambes au point de le voir – fait assez rare pour être souligné – mettre les mains sur ses genoux après un dernier pressing dans les arrêts de jeu. « Le coach voulait que je ferme les lignes de passe de Kimmich et que je fasse travailler le Bayern dans la profondeur parce qu’ils n’aiment pas ça. » Non, de toute évidence, ils n’ont pas apprécié.

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