France

Bally Bagayoko appelle à un rassemblement contre le racisme après Cnews.

Le maire LFI Bally Bagayoko a appelé à un grand rassemblement « populaire » et « citoyen » samedi à 14 heures, sur le Parvis de l’hôtel de ville. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, s’est dit « très choqué » par les propos tenus à l’encontre de l’édile, ajoutant qu’il a trouvé ces attaques « ignobles ».


Victime d’une vague de racisme et de discriminations depuis son élection à la mairie de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), le maire LFI Bally Bagayoko a lancé un appel à un grand rassemblement « populaire » et « citoyen » qui se tiendra samedi à 14 heures, sur le Parvis de l’hôtel de ville.

« La ville de Saint-Denis et Pierrefitte et son maire appellent à un grand rassemblement […] pour manifester notre opposition farouche au racisme, aux discriminations et à la haine de l’autre, contre l’islamophobie, l’antisémitisme, contre l’extrême droite et la xénophobie », a indiqué un post Instagram partagé par l’élu.

Élu dès le premier tour des municipales à Saint-Denis, face au maire sortant, le socialiste Mathieu Hanotin, Bally Bagayoko, originaire des Hauts-de-Seine et fils de parents maliens, a été la cible de propos controversés sur CNews.

« Des attaques ignobles »

Vendredi, la chaîne de Vincent Bolloré a organisé un débat sur les premiers jours de mandat du nouveau maire. À la question de savoir si Bally Bagayoko « essaie de pousser les limites ? », le psychologue Jean Doridot, présent sur le plateau, a répondu : « Sûrement qu’il y a un peu de ça. Maintenant, c’est important de rappeler que l’homo sapiens, nous sommes des mammifères sociaux et de la famille des grands singes. Et par conséquent, dans toute collectivité, dans toute tribu – nos ancêtres chasseurs-cueilleurs vivaient en tribus – il y a un chef qui a pour mission d’installer son autorité ».

Dans la matinale de France Inter lundi, le maire de Saint-Denis a pris la parole à ce sujet. « Que ce soit sur la chaîne CNews, ce n’est pas étonnant […] ce qui est plus scandaleux, c’est qu’au moment où ça se fait, il n’y a aucune condamnation au niveau de l’Élysée pour porter la grandeur de ce qu’est la France ». Des propos « que nous ne laissons pas faire », a-t-il insisté, avant d’ajouter que l’extrême droite devait être « combattue partout ».

« On ne peut pas avoir ce genre de dérapage. C’est inacceptable », a de son côté déclaré Laurent Nuñez sur RTL. Le ministre de l’Intérieur s’est dit « très choqué » par les propos tenus à l’encontre de l’élu. « J’ai trouvé ces attaques ignobles […], nous sommes ici en France, c’est la République française qui reconnaît tous ses enfants quelle que soit leur origine », a-t-il commenté.

Le ministre a également rappelé qu’il est « très compliqué de vivre ensemble » alors que « 130 faits judiciarisés » ont été répertoriés durant la campagne des municipales de 2026.

Bally Bagayoko a déposé plainte et l’Arcom a été saisie.