Balcon effondrés d’Angers : Pourquoi le procès qui s’ouvre est hors normes

C’est un procès hors normes qui s’ouvre ce mercredi au palais de justice d’Angers. Le tribunal correctionnel se penche en effet sur le dramatique effondrement de trois balcons, le 15 octobre 2016. Ce soir-là, une soirée étudiante était organisée dans un appartement situé au quatrième étage de l’immeuble « Le Surcouf », au 25 rue Maillé. Peu avant minuit, le balcon, alors occupé par 18 jeunes, s’écroula, entraînant dans sa chute les deux balcons des étages inférieurs. Quatre jeunes périrent dans l’accident, 18 autres furent blessés.

Le procès sort de l’ordinaire par son ampleur. Cinq personnes, défendues par huit avocats, seront sur le banc des prévenus : l’architecte et maître d’œuvre du chantier, le gérant de l’entreprise de construction, le conducteur de travaux de cette même société, le chef de chantier, ainsi qu’un chargé d’affaires de l’Apave missionné pour le contrôle technique du bâtiment. Côté victimes, le chiffre sera bien plus spectaculaire : 83 personnes se sont constituées partie civile. Elles seront assistées de 14 avocats. De nombreux experts et spécialistes (médecin légiste, psychologues…) seront également cités à la barre.

L’audience se déroulera dans la grande salle de la cour d’assises mais les débats seront retransmis sur écrans géants dans deux salles annexes. Une salle de travail sera également aménagée pour la quarantaine de journalistes accrédités.

Des travaux réalisés il y a déjà 25 ans

Le procès sort aussi de l’ordinaire par sa longueur. Compte tenu de l’épaisseur du dossier et du volume d’auditions à mener, il s’étalera sur près de quatre semaines, le jugement étant attendu autour du 4 mars. Il aura fallu plus de cinq ans et les conclusions de quatre expertises pour clore l’enquête. Tandis que les prévenus seront jugés pour des travaux réalisés en 2017-2018, soit il y a déjà près de 25 ans.

Enfin, l’audience est exceptionnelle dans la mesure où elle sera très largement suivie à Angers, tant le drame du 15 octobre 2016 avait bouleversé la ville. « Angers n’est pas une très très grande ville. Tout le monde connaît de près ou de loin des familles touchées par ce drame. Le maire, les autorités s’était déplacées immédiatement, le plan blanc avait été déclenché au CHU… Lorsqu’on a appris ça par la presse c’était une nouvelle très lourde. Tout le monde a été très affecté. D’autant plus que les victimes sont très jeunes », se souvient Nathalie Valade, avocate de parties civiles, installée dans la cité angevine.

Ailleurs en France, le drame a conduit des bailleurs à s’interroger sur la solidité de leurs balcons. Le gouvernement d’Edouard Philippe avait également commandé un rapport sur le sujet.