Bac 2022 : « Pour la SVT c’était grave bien »… Les candidats racontent leurs épreuves de spécialité…

Un saut dans l’inconnu. Les premières épreuves écrites de spécialité du nouveau bac à la sauce Blanquer se sont déroulées de mercredi jusqu’à ce vendredi pour la métropole, La Réunion et Antilles-Guyane. Et elles auront lieu les 18, 19 et 20 mai pour Mayotte.

Les lycéens de Terminale devaient passer deux matières « majeures » qu’ils avaient choisies. Ces épreuves avaient été supprimées deux années de suite en raison de la pandémie. Pas question pour le ministère de les ajourner encore cette fois-ci. Le fait qu’elles aient été maintenues coûte que coûte ne déplaît pas forcément aux élèves. Beaucoup de lycéens de Terminale qui n’avaient été évalués qu’en contrôle continu les deux précédentes années, avaient regretté de ne pas avoir passé d’examens, estimant que leur bac avait moins de valeur.

Un report des épreuves à double tranchant

Pour prendre en compte la désorganisation de l’année en raison du Covid, le ministère de l’Education a décidé de décaler les épreuves de mars à mai. En revanche, elles ont porté sur le même programme que si elles s’étaient déroulées en mars. Cela leur a donné plus de temps pour réviser, à l’instar de Gwezhenneg, qui a répondu à notre appel à témoins : « Le report de deux mois de ces épreuves de spécialité m’a permis de maîtriser intégralement les chapitres de maths et SES », estime-t-il.

Pour Louise, ce report a été à double tranchant : « Je suis contente que le bac ait eu lieu, mais le décalage n’a pas facilité l’apprentissage pour les matières de cours puisqu’il fallait garder en tête toutes les notions dans la tête. C’était aussi compliqué puisque ça tombait pendant des oraux pour intégrer des écoles après le bac ». Marie aussi a l’impression que la fin de l’année scolaire est un peu trop dense : « Le fait que les épreuves aient lieu après qu’on ait fait nos vœux sur Parcoursup n’était pas plus mal. Mais ce report a bousculé le calendrier, puisqu’on doit en même temps préparer le Grand oral et que les cours continuent… »

« On devrait tous passer les mêmes épreuves »

Autre coup de pouce apporté aux candidats cette année : toujours pour prendre en compte leurs difficultés d’apprentissage cette année en raison du Covid, les sujets ont été aménagés, avec un plus grand choix de questions ou d’exercices. Ce qui n’a pas échappé à Gwezhenneg : « Les aménagements des épreuves (possibilité de choisir 3 exercices parmi 4 proposés) et la relative facilité des sujets ont été appréciables ».

Ce qui n’a pas empêché certains candidats de tomber sur des impasses : « En physique, le sujet obligatoire qui compte le plus de points, on ne l’avait pas étudié en cours », déclare Clément. Et à d’autres comme Kandas, d’avoir des bonnes surprises : « Pour la SVT c’était grave bien. J’ai géré mon temps et fini une minute avant la fin. Je ne m’attendais quand même pas à avoir « Plantes et climat », mais à ma grande surprise c’était bien ».

Les candidats étant très nombreux, ils n’ont pas tous passé le même jour leurs épreuves de spécialité, chaque matière faisant l’objet de deux sessions d’épreuves. Du coup, certains ont eu le sentiment de tomber sur un sujet plus dur que celui qu’ont eu leurs camarades dans la même matière un autre jour. C’est le cas de Louise : « Je suis déçue que tout le monde n’ait pas eu le même sujet ! Je trouve que cela peut créer des inégalités. Par exemple le sujet de SVT de mercredi que j’ai du passé avec beaucoup de difficulté était plus dur que celui du jeudi ». Même son de cloche chez Rania : « J’ai passé mon épreuve de mathématiques le mercredi et jeudi, l’épreuve était plus simple. Pareil pour la SVT. La valeur du bac n’est pas équitable on devrait tous passer les mêmes épreuves », estime-t-elle.

Nicolas a éprouvé le même sentiment : « Certains sujets étaient nettement plus faciles que d’autres selon que l’on ait passé l’épreuve le mercredi ou le jeudi. Notamment dans les spécialités SES et géopolitique. J’ai personnellement eu la chance de tomber sur les sujets les plus faciles, mais je trouve ça injuste vis-à-vis de ceux qui ont eu des sujets difficiles ».

« J’espère qu’ils seront cléments avec nous sur les notes »

Et comme ces candidats étaient les premiers à passer les épreuves de spécialité, ils espèrent une certaine bienveillance de la part des correcteurs. « J’espère qu’ils seront cléments avec nous sur les notes », déclare ainsi Marie. L’enjeu est moindre cette année puisque, du fait du report des épreuves, les notes dans ces disciplines ne sont pas prises en compte dans Parcoursup, la plateforme d’admission dans l’enseignement supérieur. Et les notes de spécialité comptent à elles deux pour un tiers des résultats du bac, calculés sur 100 points.

Il faudra encore faire preuve d’un peu de patience pour avoir le verdict, puisque les élèves connaîtront leurs notes à ces épreuves en même temps que le reste de leurs résultats du bac, le 5 juillet.