« Babylon » : Damien Chazelle plonge Brad Pitt et Margot Robbie dans la démesure d’Hollywood

Damien Chazelle offre un voyage dans le temps spectaculaire avec l’impressionnante fresque Babylon. Il repart aux débuts d’Hollywood, avant l’avènement du cinéma parlant dans les années 1920. « C’était un véritable cirque, explique-t-il à 20 Minutes. Les mœurs étaient libres et les gens aussi. On pouvait trouver la gloire mais aussi perdre la raison. » Ce que le film démontre brillamment.

Brad Pitt et Margot Robbie, déjà réunis dans Once Upon A Time in… Hollywood de Quentin Tarantino, y sont éblouissants. Lui est digne et fatigué en star sur le déclin portée sur la bouteille. Elle est pétillante et séduisante en actrice sur le chemin de la gloire.

Un cri d’amour au cinéma

« Je suis cinéphile depuis mon plus jeune âge, déclare le réalisateur de Whiplash, La La Land et First Man. J’ai mis quinze ans à finaliser ce projet qui a pour but de montrer les débuts de la légende hollywoodienne y compris dans ses excès. » Le ton est donné dès le début du film avec une scène d’orgie hallucinante dans la maison d’un riche producteur. Dès les premières images, un jeune Mexicain (Diego Calva, révélation du film) tente de trouver sa place dans cette industrie qui le fascine jusqu’à lui faire oublier d’où il vient.

« Hollywood s’est rapidement aseptisé, insiste Damien Chazelle, mais ces années-là étaient de pure folie, celle qui habitait les artistes créant des films au cœur du désert. » Fêtes dantesques mais surtout tournages à l’arrache mettant parfois interprètes et équipes en péril renaissent devant les yeux du spectateur qui a l’impression d’être au cœur de l’histoire du 7e Art. « Mon film est un cri d’amour au cinéma et à ceux qui le créent », martèle Damien Chazelle. Babylon vibre de sa passion pendant plus de trois heures de projection.

Hier et aujourd’hui

L’évolution du cinéma trouve un écho dans celle de personnages bien dessinés, emblématiques d’un art et d’une époque. « Il n’est pas indispensable de souffrir pour réussir, insiste Damien Chazelle, mais je connais des artistes qui ont payé le prix fort et ont été broyés par l’industrie. Mon film parle à la fois d’hier et d’aujourd’hui. » Une reconstitution somptueuse et une mise en scène virtuose font de Babylon, un choc esthétique capable de séduire tout autant le grand public que les cinéphiles hardcore.