Avortement: Après Netflix, Disney envisage de ne plus tourner en Géorgie si le droit à l’IVG y est restreint

Bob Iger, PDG de la Walt Disney Company, au côté d’un comédien incarnant Mickey Mouse, lors d’une soirée de gala, en octobre 2018. — Alberto E. Rodriguez / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Les productions télé et ciné vont-elles déserter la Géorgie ? Cet Etat du sud des Etats-Unis a adopté une loi interdisant aux femmes d’avorter dès que les « battements de cœur » du fœtus peuvent être détectés, vers la sixième semaine de grossesse. Soit un important recul dans l’accès à l’IVG (interruption volontaire de grossesse).

Pour l’heure, cette législation n’est pas entrée en vigueur mais, si elle venait à être appliquée, Netflix « réfléchira à la totalité de ses investissements » sur ce territoire. « Nous employons de nombreuses femmes sur des productions en Géorgie, dont les droits, comme ceux de millions d’autres, subiraient de sérieuses restrictions » si la loi entrait en application, a fait savoir Ted Sarandos, le responsable des contenus de la plateforme de streaming à Variety ce mardi.

«Nous observons cela avec attention»

Disney a de son côté révélé suivre la situation de près. « Je pense que beaucoup de personnes qui travaillent pour nous ne voudront pas travailler là-bas [en Géorgie] et nous devrons tenir compte de leurs souhaits. En ce moment, nous observons cela avec attention », a confié Bob Iger, le PDG de la Walt Disney Company à l’agence Reuters. La société a plusieurs projets de tournages en Géorgie, notamment via les studios Marvel qui lui appartiennent et envisagent d’y réaliser quatre séries.

En 2008, la Géorgie a mis en place des mesures fiscales séduisantes pour les sociétés de production, dont un crédit d’impôts pouvant aller jusqu’à 30 %. Cette stratégie a porté ces fruits puisque cet Etat a accueilli de très nombreux tournages de films hollywoodiens. La saga Hunger Games, Baby Driver, Spider-Man Homecoming ou encore Black Pantheront ainsi planté leurs caméras à Atlanta. Côté télé, la série The Walking Game, ou l’émission Queer Eye de Netflix avaient aussi été séduites par ces incitations financières.

Vers un blocage des lois restreignant l’avortement ?

Avant Netflix et Disney, plusieurs petites sociétés de productions étaient montées au créneau, ainsi que des personnalités telles que Don Cheadle, Mia Farrow, Ben Stiller ou Allyssa Milano qui s’est ouvertement prononcée en faveur d’un boycott.

Outre la Géorgie, plusieurs Etats américains ont restreint le droit à l’avortement. Le Missouri a adopté une loi interdisant aux femmes d’avorter après la huitième semaine de grossesse mais la justice américaine a bloqué le texte lundi. L’Alabama a interdit ce mois-ci la quasi-totalité des IVG même en cas d’inceste ou de viol et la Louisiane a voté une loi ne permettant plus de bénéficier d’une IVG après six semaines de grossesse. Des dispositions semblables ont été validées dans l’Iowa, l’Ohio, le Mississippi, le Kentucky ou le Dakota du Nord.

Cependant, ces lois devraient être rapidement bloquées par les tribunaux, car elles sont en contradiction flagrante avec l’arrêt « Roe V. Wade » de 1973, qui garantit le droit des Américaines à avorter tant que le fœtus n’est pas viable (vers la 24e semaine de grossesse). C’est la raison pour laquelle les studios restent relativement prudents et attendent de voir comment la situation va se dénouer avant de décider de délocaliser leurs productions.

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