« Avec la télévision j’entretiens un rapport d’attraction-répulsion », raconte Nicole Ferroni

Le casting de « Piquantes » — Téva

  • Nicole Ferroni présente ce soir pour la première fois Piquantes, une nouvelle émission hebdomadaire d’actualité avec une petite bande de femmes humoristes.
  • Alexandra Pizzagali, Christine Berrou, Thaïs Vauquières, Laura Domenge, Florence Mendez, Elodie Arnould, Elodie Poux et Constance l’accompagnent.
  • C’est la première fois que Nicole Ferroni anime une émission de télévision, un milieu qu’elle a déjà fréquenté mais avec lequel elle entretient une relation d’attraction-répulsion, dit-elle.

Elles sont une dizaine de femmes, et elles ont décidé de retourner l’actu, avec pour maîtresse de cérémonie de ce joyeux capharnaüm ludique, Nicole Ferroni. L’humoriste engagée et chroniqueuse de France Inter présentera ce soir pour la première fois Piquantes, une nouvelle émission hebdomadaire d’actualité à la télévision avec sa petite bande 100 % féminine, « garantie sans filtre ».

20 Minutes lui a passé un coup de fil pour en savoir plus sur ce débat-spectacle qui démarre ce vendredi soir, à 22h40, sur la chaîne Téva.

C’est quoi le principe de Piquantes ?

Je n’utilise pas d’anglicisme, mais apparemment ça s’appelle un talk-show ! C’est une émission dans laquelle un invité vient nous présenter son actualité, et dans laquelle j’ai sept ou huit chroniqueuses. Chacune a sa spécialité dans le contenu et la forme : il y a des billets d’humeur, des sketchs, des faux reportages… Dans le contenu il y a une chronique politique, une chronique psychologique et sociétale, une sur les insolites, il y a le portrait de l’invité, et Constance qui fait un invité exceptionnel, en l’occurrence ce soir Melania Trump. Ce qui permet d’avoir des invités exceptionnels même quand on n’arrive pas à avoir leur agent !

Vous nous présentez un peu vos colistières ?

On va peut-être être amenées à tourner, car une des chroniqueuses a accouché la semaine dernière [Elodie Poux]. Dans l’émission diffusée ce soir il y a Alexandra Pizzagali : c’est elle qui fait la chronique « psy-cause ». Elle fait des micros-trottoirs et elle rebondit sur ce qu’elle obtient comme réponse de la part des Français. Christine Berrou fait la chronique « pôle éthique ». Thaïs Vauquières raconte le passé qu’elle a eu avec l’invité, dont il ne se souvient pas. Elle part de photos réelles de l’invité, s’incruste dans les photos, et raconte ce souvenir commun, qui n’a pas vraiment existé. Ensuite Laura Domenge fait les « enquêtes très spéciales ». C’est un faux reportage, par exemple ce soir elle incarne une esthéticienne dans un salon qui s’appelle Egalit’air, un salon d’esthétique féministe… qui nous laisse nos poils ! Florence Mendez, c’est la Belge de la troupe, il faut toujours un Belge ! C’est le quota obligatoire ! Elle fait l’actu expliquée aux enfants, sachant que c’est une grande amatrice d’humour noir. Là elle explique l’euthanasie aux enfants : j’espère qu’ils seront couchés à cette heure-là ! Elodie Arnould nous transmet les faits inutiles et décalés de la semaine.

Et vous ?

Je m’occupe de lancer l’émission, de lui donner une direction – quand j’y arrive – et je mène l’interview de l’invité… si l’interviewé veut bien se laisser mener.

Justement, qui est le premier, ou la première invitée ?

C’était Thomas Dutronc. C’était très chouette. Il a pris le risque de se frotter à une émission qu’il ne connaissait pas. C’est un super invité parce que mine de rien même si l’émission on l’appelle Piquantes, on était des Piquantes un peu tremblantes. Animer une émission, c’est un exercice que je n’avais jamais fait. On est tombé sur un invité généreux, qui avait envie de parler. Je le remercie.

Pourquoi une bande de femmes ? Est-ce que vous aviez envie de booster la carrière des humoristes femmes ?

Au départ l’idée n’est pas de moi. Mais quand on me l’a proposé, j’ai trouvé ça intéressant d’avoir ce format-là, même si c’est vrai qu’en ce moment c’est un peu la mode : il y a une volonté de faire une place aux femmes. Mais j’étais ravie parce que je connaissais certaines des filles choisies, et je savais que j’allais rire. Et puis après, même si je n’ai pas l’impression d’être dans un média, à France Inter, où la place des hommes est très importante par rapport à celle des femmes, dans le paysage global la présence masculine reste très forte. Et donc j’ai trouvé intéressante l’idée d’un endroit où l’on compense cette invisibilité là.

Et dans le milieu de l’humour ?

Je n’ai pas éprouvé de grosses difficultés à évoluer dans mon métier. Mais j’étais ma propre productrice. Je n’avais pas la pression du producteur, et ce sont globalement des hommes. Dans l’humour, les décisions sont prises par les hommes, encore. Donc c’est bien que Piquantes puisse donner de la visibilité aux femmes. A Téva, c’est une directrice de chaîne, et une productrice. Ce qu’on voit à l’antenne reflète les coulisses. Je ne discute qu’avec des femmes.

Si je comprends bien, vous revenez à la télévision : ça vous manquait ?

Cela ne me manquait pas mais je suis contente d’y retourner. Avec la télévision j’entretiens un rapport d’attraction-répulsion. A la télévision il y a la pression de l’image. A la radio je viens décoiffée, pas maquillée. Et j’ai très peu voire pas du tout de retours sur mon texte. A la télévision il faut que je dise ce que je vais faire, et comme il y a de l’image, il y a de la préparation à l’image. Avoir autant de caméras et de préparation, cela met une pression. Du coup parfois cela m’oppresse. Après je suis une amatrice d’humour visuel. J’aime voir les expressions des gens. Ou pouvoir moi-même m’exprimer autrement que par les mots. Et cela me manque à la radio.

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