Avant les Oscars, « Nomadland»  triomphe aux Bafta, Anthony Hopkins sacré meilleur acteur

Chloe Zhao, la réalisatrice de « Nomadland » à la cérémonie des Bafta. — BAFTA/Shutterstock/SIPA

En route pour la prestigieuse statuette américaine ? A deux semaines des Oscars, Nomadland de Chloé Zhao a triomphé dimanche à la cérémonie des récompenses britanniques du cinéma, les Bafta, qui se voulaient cette année plus diverses.

Hymne à la gloire des hippies modernes sillonnant les Etats-Unis, Nomadland a été le grand succès d’une soirée retransmise depuis le Royal Albert Hall à Londres, sans public. Il a récolté quatre prix : meilleur réalisateur pour Chloé Zhao, meilleur film, meilleure actrice pour l’Américaine Frances McDormand et meilleure photographie.

Une réalisatrice en position de force pour les Oscars

Chloé Zhao, seulement deuxième femme sacrée dans la catégorie meilleur réalisateur, a rendu hommage à « la communauté nomade qui nous a si généreusement accueillis dans sa vie, elle a partagé avec nous ses rêves, ses luttes ».

Déjà sacrée aux Golden Globes fin février, elle apparaît désormais en position de force pour les Oscars, pour cela cumule quatre nominations, une première pour une femme.

Anthony Hopkins, sacré meilleur acteur

Anthony Hopkins a été sacré meilleur acteur pour son interprétation d’un vieil homme sombrant dans la démence dans The Father, du Français Florian Zeller, qui a également obtenu le prix du meilleur scénario adapté.

Après la cérémonie, l’acteur de 83 ans, joint au Pays de Galles où il se trouve en ce moment, a confié à des journalistes qu’il était « fier » d’avoir participé à ce « film puissant ». Gagner ce prix « est un bonus », a dit cette légende du cinéma qui pourrait récidiver aux Oscars.

Adapté de la pièce de théâtre du même nom, The Father a été tourné en Angleterre.

« Cela a été un véritable honneur de travailler dans votre pays qui est vraiment un pays de théâtre », a réagi Florian Zeller. « Je suis français mais dans mon cœur je me sens anglais », a-t-il ajouté, intervenant en smoking, bien qu’en visioconférence.

Bukky Bakray, un symbole pour la diversité

Le Bafta du meilleur second rôle féminin est allé à la Sud-coréenne Youn Yuh-jung, 73 ans, pour Minari, qui évoque l’histoire d’une famille américaine d’origine sud-coréenne à la recherche d’une nouvelle vie à la campagne.

Le Britannique Daniel Kaluuya, 32 ans, a reçu le prix du meilleur second rôle masculin pour son interprétation de Fred Hampton, jeune leader du mouvement révolutionnaire noir Black Panther, dans le film Judas and the Black Messiah.

Le prix de l ‘« étoile montante » est revenu à Bukky Bakray pour Rocks, qui s’est réuni à l’honneur d’une bande d’adolescentes d’origines diverses et faisant leurs premiers pas au cinéma. Elle y interprète une adolescente de 15 ans abandonnée par sa mère et qui tente de s’en sortir avec son jeune frère, soutenue par ses amies.

C’est le tout premier rôle de cette jeune fille à la double nationalité britannique et nigériane qui avait été repérée dans son cours de théâtre.

Des cris de joie ont retenti au domicile de l’actrice à cette annonce. « Merci mon Dieu, merci à mes parents », a réagi la jeune fille.

Cette récompense constitue une consolation pour ce film qui avait cumulé sept nominations, autant que Nomadland. Mais son statut de favori outsider constituait tout un symbole pour des récompenses critiquées pour leur manque de diversité.

« Plus de gens comme moi peuvent vivre leurs rêves »

Les nominations 2020 ne comportaient aucun acteur non blanc dans les quatre principales catégories et aucune réalisatrice n’avait été retenue, ce qui a poussé l’organisation à ajouter un tour d’examen pour une plus grande diversité dans sa sélection.

« J’aime faire ce que je fais et si cela signifie que plus de gens comme moi peuvent vivre leurs rêves, je suis très reconnaissante » , a déclaré la réalisatrice d’origine chinoise Chloé Zhao.

Emerald Fennell a reçu le prix du meilleur scénario original pour le thriller féministe Promising young woman, qui a aussi obtenu le Bafta du meilleur film britannique.

Ang Lee, honoré

Le meilleur film en langue étrangère a été attribué à Drunk, du Danois Thomas Vinterberg, histoire d’une expérience éthylique qui a battu Les Misérables de Ladj Ly.

« Je soupçonnais un peu qu’un film sur la boisson vous plairait, vous les Brits » , a plaisanté Thomas Vinterberg, dont le film est donné favori pour l’Oscar du film étranger.

Le réalisateur Ang Lee (Raison et sentiments, Tigre et dragon, L’Odyssée de Pi) a reçu le Bafta Academy Fellowship, la plus haute distinction des Bafta, récompensant son œuvre.

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