Auditions à l’aveugle de «The Voice»: Les secrets d’un montage réussi

Mano a particulièrement marqué les téléspectateurs de la saison 8 de «The Voice». — Franck Castel/TV/ Bureau233

  • Samedi, le huitième et dernier prime des auditions à l’aveugle de la saison 8 de « The Voice » sera diffusé sur TF1, à 21 heures. La semaine suivante, place à la prochaine étape du télécrochet, celle des « KO ».
  • A cette occasion, « 20 Minutes » s’est demandé comment était effectué le montage des émissions ou plutôt pourquoi tel candidat était choisi pour tel épisode et non tel autre.
  • Pascal Guix, le producteur artistique de l’émission a répondu aux questions de « 20 Minutes ».

Ce n’est un mystère pour personne, si les coachs de The Voice portent les mêmes tenues d’une semaine sur l’autre lors des auditions à l’aveugle, ce n’est pas parce qu’ils sont crados mais pour éviter les faux raccords au montage. Car, ce n’est pas non plus un secret, les prestations des candidats ne sont pas diffusées dans l’ordre chronologique du tournage. D’ailleurs, alors que, pour la saison 8 actuellement diffusée, 130 talents se sont produits sur le plateau du télécrochet de TF1, une trentaine, parmi ceux qui n’ont convaincu aucun des coachs, n’auront pas l’honneur de voir leur prestation diffusée à la télévision.

Sachant que l’enregistrement des auditions à l’aveugle s’est étendu sur sept journées à l’automne dernier, comment transforme-t-on cette matière en huit émissions de deux heures trente ? Quand, dans l’ultime épisode des auditions à l’aveugle qui sera diffusé samedi, Jennifer dit : « Il reste très peu de places, donc plus que jamais, on recherche la perle rare ». Doit-on douter que les candidats que l’on verra rejoindre son équipe sont vraiment ceux qu’elle a choisis en dernier ?

Le reflet du dernier jour de tournage

« Pas forcément », répond Pascal Guix, le producteur artistique de The Voice, tout en précisant que, « à deux, trois talents près, ce sont des candidats qui sont passés le dernier jour d’enregistrement » que l’on verra samedi. L’émission « reflétera ce qu’il s’est passé lors du dernier tournage parce que les coachs étaient dans une énergie de finalisation de leurs équipes. Ils disent des choses à ces talents-là qui sont raccord avec ce qu’on a envie de raconter lors d’un dernier épisode. »

Même chose pour l’épisode de lancement de la saison 8. Gage, qui a ouvert le bal, est bel et bien le premier candidat à s’être présenté au tournage. La toute première intervention du nouveau coach, Julien Clerc, diffusée à la télé correspond donc bien à son baptême du feu. « On essaie de respecter l’histoire globale qui s’est déroulée lors du tournage, d’avoir un fil rouge à chaque épisode », reprend Pascal Guix. Le producteur compare le fait de choisir les prestations qui composeront chaque émission à un jeu de dominos. Il faut trouver le bon équilibre pour que la structure tienne en place et ne s’effondre pas.

Décision de dernière minute

Dans un premier montage de la quatrième soirée de The Voice envoyé aux médias figurait Monstre que les téléspectateurs ont finalement découverte lors du septième prime, samedi dernier. A l’inverse, la drag queen Leona Winter, qui n’apparaissait pas dans la copie de travail a été ajoutée au sommaire de cet épisode 4.

« Leona n’a pas forcément remplacé Monstre. C’est plutôt que je me disais que, pour elle, c’était le moment d’y aller. J’ai pris la décision au dernier moment. Monstre a été décalée de trois épisodes parce que je trouvais important que dans le septième épisode le téléspectateur puisse se prendre encore une claque », souligne Pascal Guix. Bingo, la candidate masquée est l’une de celles dont le passage a été le plus commenté sur les réseaux sociaux samedi.

« On devine les talents qui vont surprendre et faire parler. Leona, Coco [une Moldave aux minauderies remarquées] ou Monstre, on les a séparées les unes des autres de plusieurs épisodes », ajoute une autre source proche de la production. Pas de langue de bois, si soixante-douze candidats – dix-huit par équipes – ont décroché leur billet pour l’étape suivante de cette saison, seule une poignée laisse un souvenir durable aux téléspectateurs.

« Ne pas « bétonner » les premiers épisodes »

La production en a parfaitement conscience. « Mon obsession est de me dire qu’il faut que je répartisse les profils atypiques sur plusieurs épisodes parce que, sinon, on ne retient plus personne. Il est hors de question pour moi de « bétonner » les trois ou quatre premiers épisodes afin qu’ils soient très très forts et essayer de composer ensuite avec des profils plus classiques, confie Pascal Guix. Je les répartis de sorte que chaque talent puisse exister en fonction de ce qu’il propose. » Hors de question aussi, de faire se succéder trois ballades d’un coup, « c’est une question d’équilibre ».

Cette diversité ne vise pas qu’à assurer le plaisir du téléspectateur, elle permet d’attirer des candidats potentiels vers l’émission. « Ça les rassure de savoir qu’ils ne vont pas être au milieu de talents qui leur ressemblent, qu’ils vont exister », note Pascal Guix. Et cela aide grandement Bruno Berberes, le directeur de casting de The Voice, « qui passe parfois plusieurs années à courir derrière un talent pour les convaincre de participer ».

Composer un prime d’auditions à l’aveugle n’est pas une science exacte. La jeune Laura, apparue dans l’épisode 6, a impressionné les téléspectateurs avec sa reprise des Enfants paradis de Damien Saez. Le morceau s’est même retrouvé dans la foulée parmi les titres les plus télécharges sur iTunes. « Je m’attendais à ce que Laura interpelle mais pas à ce qu’elle ait un impact aussi fort, admet le producteur artistique. C’est ça qui est génial. On est nous-mêmes bousculés par les talents qu’on met sur cette scène. »

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