Attentats de Christchurch: Un sommet à Paris contre la diffusion de violences en ligne

La première ministre de Nouvelle-Zélande, la travailliste Jacinda Ardern. — MARTY MELVILLE / AFP

Emmanuel Macron et la Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern sonnent la mobilisation contre la violence en ligne en lançant mercredi à Paris « l’appel de Christchurch », deux mois après la diffusion en direct sur Facebook de l’attaque contre des mosquées en Nouvelle-Zélande. L’Elysée va rassembler à la fois des chefs d’Etat et de gouvernement comme le roi Abdallah de Jordanie, le président sénégalais Macky Sall ou la Britannique Theresa May, et des patrons des géants du numérique, dont Google, Twitter et Facebook.

Leur préoccupation commune ? « Demander aux pays et aux grandes entreprises du numérique d’agir contre le terrorisme et l’extrémisme violent en ligne », explique l’Elysée. Les attentats de Christchurch ont provoqué un choc car l’attaque était « conçue pour être virale », explique Jacinda Ardern au Monde. Face à un tel phénomène, « nous ne pouvons agir seuls » à l’échelle d’un pays, insiste la Première ministre néo-zélandaise, Jacinda Ardern, dans Le Monde. « Il faut apporter une réponse mondiale à un réseau mondial ».

Des politiques et des patrons

Cette préoccupation rejoignant celle d’Emmanuel Macron, les deux dirigeants ont mis sur pied « l’appel de Christchurch », auquel se joignent une vingtaine de dirigeants et de patrons, dont les Premiers ministres canadien Justin Trudeau, norvégien Erna Solberg ou irlandais Leo Varadkar, ainsi que le vice-président indonésien Jusuf Kalla. « L’objectif est de se donner des axes de travail pour l’avenir » notamment en termes de « réactivité aux incidents », et de « collaboration » entre les différents acteurs, plateformes, Etats et société civiles, souligne l’Elysée.

Cet appel sera lancé à l’occasion du 2e sommet « Tech for Good » initié en 2018 pour débattre de la façon dont les nouvelles technologies peuvent contribuer au bien commun, comme l’éducation et la santé. Emmanuel Macron a convié à dîner quelque 180 responsables du monde numérique comme Jack Ma (Alibaba, l’Amazon chinois), Ken Hu (Huawei), Dara Khosroshahi (Uber), Jimmy Wales (Wikipedia) ou Eric Leandri (Qwant).

La France prépare déjà une loi

Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, n’en sera pas, les ayant précédés de quelques jours à l’Elysée, où il a été reçu vendredi par le chef de l’Etat pour évoquer les moyens de lutter contre les contenus haineux. A contre-courant de bon nombre de grands patrons de la Silicon Valley, Mark Zuckerberg appelle de ses vœux l’intervention des pouvoirs publics dans la régulation des grandes plateformes Internet.

Ces discussions interviennent alors que la France planche sur une loi qui obligerait les réseaux sociaux à retirer les contenus signalés dans les 24 heures, sous peine d’une forte amende. Paris souhaite promouvoir une telle régulation au niveau européen. C’est dans cette optique que le secrétaire d’Etat au numérique, Cédric O, réunit mercredi ses collègues du G7 pour plancher sur un projet de charte sur les contenus haineux sur Internet.

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