Attentat de Nice : « Il ne faut pas oublier », « il faut rester unis », une journée de commémorations forte en émotion et en solidarité

À 8h45, le glas a retenti dans toutes les églises de Nice, un an jour pour jour après l’
attaque au couteau dans la basilique Notre-Dame de l’Assomption, qui a coûté la vie à trois personnes : Simone Barreto Silva, Vincent Loquès et Nadine Devillers. Ce vendredi, ces cloches ont sonné le début d’une journée pleine d’émotions autour de la basilique, avec plusieurs cérémonies d’
hommage.

Pour l’occasion, un important dispositif de sécurité était déployé, barricadant le bâtiment religieux de barrières, ne laissant qu’un couloir pour les passants de l’avenue Jean-Médecin. Vers 16h30, certains sont restés s’accouder et, au moment de dévoiler l’œuvre de l’artiste Théo Tobiasse, La colombe de la paix, à 17 heures, une centaine de personnes étaient présentes.

Parmi elles, Arlette et son mari Edgard, 69 et 79 ans. Ils ne sont pas pratiquants, mais « ils sont Niçois », donc ça leur semblait « important de venir soutenir les familles ». « Il faudrait que tout le monde soit là, pour montrer qu’on est solidaire et qu’on n’oublie pas », lâche la Niçoise. Elle se souvient des événements de l’an passé, et de ceux du 14-juillet en lâchant avec émotion : « Ça aurait pu être nous ». Ils resteront jusqu’à la sortie de la messe, à 20 h, « toujours debout » pour « continuer être présents comme ils peuvent avec les familles ».

Des hommages émouvants

Avant la cérémonie religieuse, plusieurs hommages ont été rendus au sein de la basilique, où les caméras et les appareils photos étaient interdits à la demande des familles des victimes, qui souhaitaient une cérémonie intimiste. D’abord, le dévoilement d’une plaque à la mémoire des victimes, accompagné d’un chant en portugais et en français, interprété par Grégory, le fils de Simone, qui était Brésilienne. « Je suis persuadé que c’est la vie qui vaincra », a affirmé le père Franklin Parmentier, dans un discours qui a ouvert l’hommage dans « ce lieu marqué par ce drame ».

Puis, ce sont Christian Estrosi, maire de Nice, et Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur qui représentait le président de la République, qui se sont exprimés devant une basilique remplie, avec la présence de nombreuses autres personnalités politiques. « Comme j’aimerais que ce soit la dernière fois », s’est exclamé l’élu niçois en évoquant son doute, mais en prônant un message de « paix et de fraternité, valeurs de notre démocratie », ainsi qu’en adressant des mots directement aux familles des victimes.

« C’est ma ville, ça fait mal »

Dans son allocution, Gérald Darmanin a rappelé les différents événements terroristes qui ont frappé le pays ces dernières années, visant « l’identité, la culture et le mode de vie de la France » avec « les écoles, les églises, les terrasses, les salles de concert ». Il a rappelé « à tous les croyants, quelle que soit la religion » que « la République ne distingue personne et protège tous ses enfants ». « La commémoration, c’est le souvenir mais c’est aussi agir sans relâche, sans naïveté, sans emportement, mais avec fermeté », a ajouté le représentant du gouvernement, remerciant le travail des services de l’État.

Au moment où le ministre de l’Intérieur disait ces mots, Sophia et Sarah* s’arrêtaient devant la basilique illuminée. L’une est chrétienne orthodoxe et l’autre musulmane. Elles sont aussi et surtout « meilleures amies ». Ces jeunes femmes de 18 ans tenaient à le préciser. « Quand on pense à cet événement et à d’autres qui ont été réalisés en prétextant que c’était pour une religion, on peut vite faire des raccourcis et en vouloir à toutes les personnes qui la pratiquent, indique Sarah, indignée. C’est un acte choquant qui a été fait par une personne horrible. Il faut faire la différence et s’unir ».

Sophia ajoute : « On oublie trop facilement. Ça fait un an, et ce genre de commémoration est nécessaire pour se rappeler. C’est très émouvant d’être là devant et d’y penser parce que c’est ma ville, et ça fait mal. » Des paroles qui résonnent avec le concert d’orgue qui se déroulait jusqu’à 19h, avant la messe présidée par Monseigneur André Marceau.

*Le prénom a été modifié à la demande de la personne interviewée.