Attentat à Conflans : Jean Castex veut créer un nouveau « délit de mise en danger » sur Internet

Jean Castex veut créer un — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

« Nous ne pouvons plus nous résoudre à assister passivement au déchaînement de la haine sur les réseaux sociaux », a affirmé ce mardi Jean Castex lors de la séance de questions au gouvernement. Après le meurtre du professeur Samuel Paty à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), le Premier ministre entend «reprendre le sujet» de la haine en ligne en créant un « délit de mise en danger par la publication de données personnelles » sur Internet.

La majorité avait tenté de s’attaquer à cette question à travers une proposition de loi de la députée LREM Laetitia Avia, en grande partie retoquée par le Conseil constitutionnel. « La censure du Conseil constitutionnel doit nous amener à reprendre ce sujet sous une autre forme », a poursuivi Jean Castex, estimant que « c’est bien parce qu’il a été désigné par les réseaux sociaux que Samuel Paty a été assassiné ».

« Inquiétude face à l’impact des réseaux sociaux »

Les enseignants du collège du Bois d’Aulne de Conflans-Sainte-Honorine ont d’ailleurs exprimé ce mardi dans un communiqué leur « vive inquiétude face à l’impact des réseaux sociaux » après l’assassinat de leur collègue.

Interpellé par plusieurs présidents de groupes parlementaires – Patrick Mignola (MoDem), Valérie Rabault (PS), Damien Abad (LR), Christophe Castaner (LREM), Jean-Luc Mélenchon (LFI) et André Chassaigne (PCF) – après la décapitation de l’enseignant, le Premier ministre a dénoncé « toute ambiguïté » envers l’islamisme radical, qui reviendrait à « un début de renoncement ».

« Nous payons aussi le prix d’un relâchement »

L’« ennemi c’est l’islamisme radical, c’est une menace permanente, une menace qui peut venir de l’extérieur, mais qui peut aussi, je le dis sans détour, recruter ces tueurs parmi nos propres compatriotes », a-t-il souligné. « Nous payons aussi le prix d’un relâchement, mais aujourd’hui, l’heure est à l’action », a insisté Jean Castex en érigeant en « priorité » la « protection des personnels de l’Éducation nationale ».

Le Premier ministre a aussi assuré vouloir « donner des moyens supplémentaires au ministère de l’Intérieur », sans plus de précisions. « Nos services de renseignement qui sont en première ligne sur ce sujet ont été confortés, réorganisés, comme jamais ils ne le furent, et nous allons passer la vitesse supérieure », a ajouté le chef du gouvernement qui a dit vouloir « affecter sans délai des renforts aux services chargés de surveiller sur les réseaux sociaux l’islamisme radical ».

By the Web

Attentat à Conflans : Le retour de la loi contre la haine en ligne est-il possible et nécessaire ?

Justice

Attentat à Conflans : Que risquent les auteurs des 80 messages de soutien au terroriste?

228 partages