Attaque à la gare du Nord : Le suspect en garde à vue pour tentative d’assassinat

L’homme qui a blessé six personnes à l’arme blanche, mercredi matin, à la gare du Nord (10e), a été placé dans la soirée en garde à vue, apprend 20 Minutes auprès du parquet de Paris. Le suspect, qui a été touché au bras et au poumon, a été transporté à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière et a été opéré dans la journée. Son état de santé « ayant été déclaré compatible avec une mesure de garde à vue », il est entendu depuis 21 heures par les policiers de la brigade criminelle, chargée de coordonner l’enquête pour assassinat, confiée à l’ensemble de la police judiciaire.

« Son identité fait toujours l’objet de vérifications », indique par ailleurs le parquet de Paris. « Il pourrait s’agir d’un homme né en Libye ou en Algérie et d’une vingtaine d’années, dont l’âge exact n’est pas confirmé », avait expliqué dans la soirée la procureure de la République de Paris, Laure Beccuau, dans un communiqué.

Sous le coup d’une OQTF

Selon nos informations, l’agresseur a d’abord donné, hier matin, une première identité qui, au final, s’est révélée être fausse. En comparant ses empreintes digitales avec celles de leurs fichiers, les policiers ont découvert qu’il était déjà connu de leurs services pour des faits de droits communs, sous plusieurs noms et avec des dates de naissance différentes.

Toujours selon nos informations, l’une des identités sous laquelle il était enregistré dans le fichier automatisé des empreintes digitales correspond à celle d’un ressortissant libyen, né en 2000, arrivé en France il y a trois ans. Cette personne fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF), émise courant 2022, qui n’avait pas été exécutée. En effet, la France ne pouvait pas l’expulser vers ce pays. D’abord, en raison de l’instabilité qui y règne. Mais aussi parce qu’il n’y a aucun canal d’échange avec la Libye pour l’identification de ses ressortissants.

Des motivations floues

Les enquêteurs tentent de cerner les motivations de l’assaillant qui, pour l’heure, restent floues. Vers 6h45, « le mis en cause s’est soudainement mis, sans raison apparente à ce stade, à frapper une première victime avec son arme, victime à laquelle il a asséné une vingtaine de coups », détaillait la procureure de la République dans son communiqué. Deux policiers, « un fonctionnaire de la brigade des réseaux franciliens en civil et hors service qui était en gare pour rentrer à son domicile et un fonctionnaire de la PAF affecté à la gare du Nord », ont ouvert le feu pour le maîtriser.

Le parquet national antiterroriste, qui n’est pas saisi, « est toujours en évaluation » de la situation, indique-t-il à 20 Minutes ce jeudi matin.