Assurance-chômage : Le gouvernement annonce une diminution de 25 % de la durée d’indemnisation

L’assurance chômage doit être « plus stricte quand trop d’emplois sont non pourvus, plus généreuse quand le chômage est élevé », martèle à l’envi le ministre de l’Economie Bruno Le Maire. C’est le mantra du gouvernement depuis la réélection d’Emmanuel Macron, dans le but, selon l’exécutif, d’atteindre le plein-emploi, c’est-à-dire un taux de chômage de 5 %, d’ici à la fin du nouveau quinquennat. Pour le moment, le chiffre s’établit entre 7,3 et 7,4 % depuis le début de l’année.

Le gouvernement a présenté ses nouvelles mesures de durcissement ce lundi aux partenaires sociaux. Certaines règles restent inchangées. Le niveau de l’indemnisation reste le même, tout comme les conditions d’accès à cette indemnisation. Pour rappel, il faut avoir travaillé six mois sur une période de référence de 24 mois. Dès dimanche, le ministre du Travail Olivier Dussopt avait assuré que l’exécutif « ne diminuerait pas le nombre de personnes éligibles à l’ouverture de droits à l’assurance-chômage ».

Un plafond de six mois

Ce qui change, c’est la durée d’indemnisation. Pour les demandeurs d’emploi ouvrant des droits à partir du 1er février, la durée sera réduite de 25 % avec un plancher minimal de 6 mois. Un chômeur qui aurait eu droit, par exemple, à 12 mois d’indemnisation dans le système actuel, n’aura plus droit qu’à 9 mois ; un chômeur ayant jusque-là droit à 24 mois n’en aura plus que 18, etc.

Pour le moment, la durée d’indemnisation est appliquée selon le principe un jour travaillé = un jour indemnisé, avec un plafond de 24 mois pour les moins de 53 ans, 30 mois pour les 53-54 ans et 36 mois pour les 55 ans ou plus.

La réduction de la durée d’indemnisation « laisse espérer entre 100 et 150.000 retours à l’emploi à l’échelle de l’année 2023», a déclaré Olivier Dussopt.

Un changement selon la tendance économique

La durée d’indemnisation pourrait néanmoins revenir à l’ancienne formule, selon la conjoncture du chômage. Le gouvernement fonctionne avec un modèle de couleur : vert quand la situation économique est considérée comme bonne, rouge quand elle est mauvaise. Pour être dans une zone rouge, il faut un taux de chômage au-dessus de 9 % ou en progression de 0,8 point sur un trimestre.

Si, pendant trois trimestres de suite, le taux de chômage revient sous les 9 % et ne connaît pas de progression supérieure à 0,8 point, la situation repassera au vert. Actuellement, la période économique est donc considérée comme verte. Denis Gravouil, du syndicat CGT, a critiqué une réforme « totalement inacceptable ».

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