Assemblée nationale : La France insoumise va présenter une proposition de loi qui interdit la corrida

La proposition de loi du député Aymeric Caron pour interdire la corrida figurera bien au menu de la « niche » parlementaire LFI du 24 novembre, journée réservée aux insoumis pour présenter des textes à l’Assemblée, a appris l’AFP de sources parlementaires vendredi.

Son examen dans l’hémicycle n’est toutefois pas garanti et dépendra de l’ordre dans lequel le groupe insoumis présente ses propositions de loi. Mais le texte contre la corrida sera « a minima examiné en commission » auparavant, souligne-t-on du côté de LFI.

Peu de chances d’aboutir

L’ex-journaliste Aymeric Caron, engagé pour la cause animale, avait déjà annoncé la date du 24 novembre sur les réseaux sociaux, mais elle n’avait pas été confirmée jusque-là. Député LFI de Paris, Aymeric Caron entend « supprimer la corrida » et les « combats de coqs », « tous les spectacles d’animaux avec sévices, mauvais traitements et mise à mort ».

Le parlementaire voudrait modifier le Code pénal qui punit déjà la maltraitance animale, mais dont les dispositions de l’article 521-1 « ne sont pas applicables aux courses de taureaux lorsqu’une tradition locale ininterrompue peut être invoquée » ou « aux combats de coqs dans les localités où une tradition ininterrompue peut être établie ».

Sa proposition de loi a très peu de chances d’aboutir mais vise à relancer le débat récurrent sur la corrida en France.

« Je soutiens la corrida comme je soutiens la tradition »

« Arrêtons cette stigmatisation, de vouloir culpabiliser les gens qui vont à des corridas, qui mangent de la viande, les sujets ne sont pas là », a déjà réagi sur Public Sénat Carole Delga, la présidente PS de la région Occitanie, où la corrida est pratiquée. « Je soutiens la corrida comme je soutiens la tradition », a-t-elle revendiqué.

Pour André Viard, président de l’Observatoire national des Cultures taurines, l’interdiction de la corrida est un thème « récurrent » à chaque législature mais « va contre la liberté culturelle, protégée par la Constitution, et l’identité des territoires », estime-t-il.

Le texte risque d’embarrasser la majorité présidentielle, divisée sur le sujet. En juillet 2021, quand elle n’était pas encore présidente du groupe Renaissance à l’Assemblée, la députée Aurore Bergé avait signé une tribune pour interdire la corrida, une pratique jugée « barbare ».