ASSE-OM : Entre un CSC lunaire et deux penaltys, comment les Verts ont-ils pu faire de tels cadeaux contre Marseille ?

Au stade Geoffroy-Guichard,

« Il y a beaucoup de déception, d’autant qu’on aurait pu éviter tous ces buts, entre deux penaltys, un but contre son camp et une contre-attaque. » Le piston stéphanois Sada Thioub est sympa, il nous liste lui-même toutes les boulettes commises par son équipe (18e de Ligue 1)  contre l’OM (2-4), avant qu’on ait à le faire pour notre article. Car c’est le principal paradoxe de cette rencontre déséquilibrée de bout en bout, ou presque, ce dimanche :   les Marseillais ont eu beau frapper 15 fois au but et avoir 70 % de possession de balle, ils ne se sont envolés au score que sur des cadeaux offerts par les Verts.

Premier acte, le plaquage de Mangala (45e)

Et tout d’abord par l’expérimenté défenseur Eliaquim Mangala (31 ans), auteur d’un plaquage totalement inutile, en pleine surface et loin du ballon, sur Duje Caleta-Car, alors que le corner marseillais en question était nettement trop long. Certes, de nombreuses situations comparables ne sont pas signalées, et d’ailleurs celle-ci avait totalement échappé à Clément Turpin, jusqu’à ce que son acolyte chargé du VAR ne le prévienne.

Mais pourquoi une telle prise de risque alors que l’ASSE se dirigeait vers la mi-temps avec un avantage d’un but inespéré en poche, après une faute de main de Pau Lopez face à Denis Bouanga (1-0, 9e) ? « Quand vous courez derrière le ballon, c’est toujours plus délicat, analyse le coach stéphanois Pascal Dupraz. On sentait bien qu’on allait craquer, et on prend ce penalty au mauvais moment. » Dimitri Payet n’en demandait pas tant pour enfin prendre le meilleur sur Paul Bernardoni, et changer le visage d’une rencontre s’annonçant jusque-là galère pour l’OM.

Le prix Puskas du CSC pour Kolodziejczak (60e)

Le Chaudron a beau être habitué aux fails défensifs à tout-va sur ces trois dernières saisons de lutte pour le maintien, il a halluciné comme jamais à la 60e minute de jeu face à la prouesse de « Kolo ». Le capitaine stéphanois Timothée Kolodziejczak a en effet conclu d’une frappe imparable, quasi en lucarne, un joli mouvement Harit-Rongier. Léger problème : ce sont deux joueurs marseillais ayant tenté de perforer Paul Bernardoni à l’heure de jeu. Sous la pression… d’aucun attaquant de l’OM à moins de 5 mètres de lui, l’ancien joueur du Séville FC s’est donc totalement déchiré, à l’image du Lyonnais  Fernando Marçal, il y a deux ans au Parc des Princes (4-2).

Une action lunaire qui a fait basculer l’ASSE, alors toujours dans le coup (1-1) avant d’encaisser trois buts en 13 minutes. Heureusement pour lui, le gaucher de 30 ans a un gardien de but bienveillant. « Ça fait chier pour « Kolo », confie Paul Bernardoni. Je suis le premier dégoûté pour lui, il n’a bien évidemment pas fait exprès. Mais je n’oublie pas qu’à Clermont (1-2 le 13 février), il met le but qui nous permet de gagner. Et ces deux points en plus qu’on a grâce à lui, ils sont quand même très importants aujourd’hui. » Soit, mais les supporteurs stéphanois gardent au moins autant en tête ses erreurs récurrentes depuis deux ans.

Arnaud Nordin avait le visage des mauvais jours, alors que les Marseillais ont pu célébrer autour de Dimitri Payet leur succès mérité. JEFF PACHOUD
Arnaud Nordin avait le visage des mauvais jours, alors que les Marseillais ont pu célébrer autour de Dimitri Payet leur succès mérité. JEFF PACHOUD – AFP

La troisième lame avec le naïf Nordin (66e)

Il existe deux ou trois gestes plus tranchants qu’un crochet de Gerson sur un terrain de foot, non ? Lorsqu’on a vu Arnaud Nordin se livrer naïvement dans sa surface contre le Brésilien de l’OM, on s’est dit qu’il fallait au maximum éviter de s’appuyer sur ses joueurs offensifs pour intervenir dans pareille zone clé. A l’échelle du penalty concédé en première période, Gerson était évidemment plus dangereux sur le coup que Caleta-Car. Mais il n’empêche qu’il filait sur le côté gauche, et qu’Arnaud Nordin aurait clairement pu prendre le meilleur sur lui avec sa vitesse s’il ne s’était pas jeté de la sorte, avec donc un penalty incontestable à la clé.

Notre dossier sur l’ASSE

Heureusement pour lui, là encore, que Paul Bernardoni revêt spontanément sa robe d’avocat comme personne en zone mixte: « Les penaltys, c’est toujours rageant, mais je n’avais qu’à les arrêter ». En le cuisinant un peu, le gardien prêté par le SCO nous balançait qu’il était l’unique responsable du naufrage de la deuxième période. Allez, alors que se profile le 8 avril un périlleux déplacement à Lorient (16e avec un seul point d’avance sur l’ASSE), on laisse notre divin chauve conclure avec un plaidoyer collectif : « On a fait trop d’erreurs aujourd’hui, mais on ne s’en sortira pas si on n’est pas ensemble ».