ASSE-Montpellier: «Sainté n’a aucun complexe à avoir»… Les Verts rêvent tous de Ligue des champions

Le kop sud stéphanois, ici lors du match ASSE-PSG (0-1) en février. — JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP

  • L’ASSE reste sur une énorme série de six victoires sur ses sept derniers matchs en Ligue 1.
  • Près de 37.000 spectateurs sont attendus ce vendredi (20h45) dans le Chaudron face à Montpellier pour pousser leur équipe vers la Ligue des champions.
  • Supporters et anciens joueurs expliquent cet engouement du peuple vert, qui rêve de retrouver la plus prestigieuse compétition européenne, 38 ans après.

« Personne n’avait prévu ça, l’effectif n’est pas taillé pour la Ligue des champions. Mais aujourd’hui, l’ASSE n’a aucun complexe à avoir par rapport à l’OL ou l’OM. » L’ancien défenseur stéphanois Fousseni Diawara résume ainsi l’état d’esprit du peuple vert en plein sprint final inattendu en Ligue 1. Après six victoires et un nul sur les sept dernières journées de Ligue 1, les joueurs de Jean-Louis Gasset (4es) ont l’occasion de prendre deux points d’avance sur le voisin lyonnais en cas de succès ce vendredi (20h45) contre Montpellier (5e).

Dans un Chaudron qui devrait accueillir sa troisième plus grosse affluence de la saison (près de 37.000 spectateurs), ils pourraient ainsi mettre une grosse pression sur l’OL, qui ne jouera que dimanche à Marseille, pour la course à la Ligue des champions. « On voit bien que le vent est en train de tourner, savoure Faustine (20 ans), abonnée au kop nord. Il suffit d’écouter les discours des joueurs lyonnais, de Jean-Michel Aulas et des supporters : ils ont peur, pas nous. »

« D’habitude, on arrivait plutôt dans le sprint final en tirant la langue »

Habitués de la Ligue Europa (trois participations de suite de 2014 à 2017), les Verts rêvent donc d’une qualification pour la plus prestigieuse compétition européenne pour la première fois depuis 1981. « Nous avons rarement été aussi bien placés et surtout avec une dynamique aussi positive à trois journées de la fin, constate Sylvain, qui vient de Paris ce vendredi pour assister au match contre le MHSC. D’habitude, on arrivait plutôt dans le sprint final en tirant la langue et on loupait le coche. » Bien trop jeune pour avoir vécu les fameuses épopées des Verts dans les années 1970, Faustine symbolise cette génération de supporters, entre euphorie et prudence.

La Ligue des champions ne me manque pas parce que je ne l’ai jamais connue. Mais forcément, j’en rêve. Je connais le stade Geoffroy-Guichard, et le jour où l’hymne de cette compétition retentira ici, ça sera exceptionnel. Mais ça semble inaccessible, alors on y pense la nuit mais c’est tout. On sent qu’on a le groupe pour aller au bout et qu’il se passe quelque chose dans les têtes de tout le monde. Mais je suis toujours très négative avec mon club et j’ai peur qu’on se manque, donc j’essaie de me convaincre que ça ne passera pas. C’est une question d’habitude. »

« Quoi qu’il arrive, la saison est réussie »

Ancien latéral de l’ASSE de 2012 à 2016, Jonathan Brison se laisse aller à bien plus d’enthousiasme : « Après la cruelle défaite dans le derby retour (1-2), la Ligue des champions me semblait inimaginable. Mais là, quoi qu’il arrive, la saison est réussie. Sainté a désormais tout à gagner et Lyon tout à perdre. » Evoquer le rival régional semble décidément incontournable.

Vainqueur de la Coupe de la Ligue en 2013 dans le Forez, Jonathan Brison a d’ailleurs conclu la saison suivante juste devant l’OL de Rémi Garde en Ligue 1, à la 4e place. « On sentait que pour les supporters, ça valait presque un trophée », sourit-il. La perspective de remettre ça dans deux semaines serait désormais perçue « comme la cerise sur le gâteau » au vu de l’objectif majeur que représente la Ligue des champions.

« Les adversaires craignent Saint-Etienne aujourd’hui »

La belle dynamique de cette ASSE newlook, « plus talentueuse » (selon Jonathan Brison), mais aussi plus sûre de sa force et plus ambitieuse que durant les années Galtier est décryptée par Fousseni Diawara, qui vit toujours à Sainté.

Il s’est passé quelque chose depuis l’arrivée de Jean-Louis Gasset [fin 2017]. Il y a eu la fin du  »salary cap », qui a permis l’arrivée de joueurs plus expérimentés, le succès des U19 en Coupe Gambardella et une vraie prise de conscience depuis deux mois. On se plaignait trop des erreurs liées au VAR ou des longues absences [Kévin Monnet-Paquet et Gabriel Silva]. Là, on sent que c’est fini et que tout le monde est allé de l’avant en arrêtant de se chercher des excuses. Le groupe est soudé, montre de la maturité et du caractère quand il est mené comme à Amiens [2-2] et à Monaco [2-3]. Les adversaires craignent Saint-Etienne aujourd’hui. »

Et les rêves les plus fous sont désormais au programme pour la bande à Wahbi Khazri et Rémy Cabella. « Je ne réalise pas vraiment ce qu’il se passe, ça prend une telle dimension, indique Faustine. Si on gagne face à Montpellier, on assurera notre billet pour la Ligue Europa et ça va être fou. Pour que ce soit exceptionnel, il faudrait non seulement atteindre ce podium et voir cette place devenir directement qualificative pour la Ligue des champions. Là, ce serait le plus beau jour de ma vie. » On devine déjà une grande supportrice en puissance de Chelsea pour la finale de Ligue Europa le 29 mai.

Sport

ASSE: «Gros bébé», Dragon Ball Z… De Bondy à Sainté, qui est vraiment le phénomène William Saliba?

Sport

OL-Losc: Duel à distance avec l’ASSE, choc à Marseille… Ce finish avec ses rivaux devient «plus tendu» pour Lyon

170 partages