ASSE : Défaite dans le derby, 16e de Ligue 1, affaire Ruffier… Les voyants sont au rouge chez les Verts

Moussa Dembélé prend le dessus sur Wosley Fofana, symbole de la domination lyonnaise sur les Verts dans le derby, dimanche, au Parc OL. — Jeff Pachoud / AFP

  • Battu dans le derby par l’OL (2-0), dimanche, l’ASSE accueille le Stade Rennais en demi-finale de la Coupe de France ce jeudi.
  • Aujourd’hui 16e de Ligue 1, avec seulement deux points d’avance sur la zone rouge, Saint-Etienne est en grand danger.
  • A la crise sportive s’ajoute également une crise interne pour les Verts, avec la mise à l’écart de Stéphane Ruffier par Claude Puel ou encore le licenciement du directeur de la cellule de recrutement.

Ce jeudi, l’AS Saint-Etienne recevra le Stade Rennais à Geoffroy-Guichard, en demi-finale de la Coupe de France. Seule bouffée d’oxygène en ce début d’année déprimant, la vénérable compétition représente pour les Verts la dernière chance de sauver une saison pour l’instant catastrophique. Un rendez-vous crucial que les Stéphanois prépareront à l’abri des regards. En raison de l’épidémie de coronavirus, tous les entraînements de l’ASSE se dérouleront en effet à huis clos cette semaine.

Une explication bien commode pour échapper au courroux du peuple vert, ironisent certains supporters. Si l’accusation est bien sûr exagérée, il est néanmoins tentant de faire de la situation un symbole de la chape de plomb qui s’abat actuellement sur le club. Déjà empêtrée depuis de longs mois dans de profonds conflits internes, illustrés par le licenciement, à la mi-février, du directeur de la cellule de recrutement David Wantier, l’ASSE s’est encore enfoncée dans la crise depuis quelques semaines.

Une curieuse atmosphère s’est installée à l’Etrat

La première mèche a été allumée indirectement par Claude Puel, le 23 février dernier. En choisissant d’écarter Stéphane Ruffier au profit de Jessy Moulin, pour la réception de Reims, l’entraîneur stéphanois s’est attiré les foudres de l’agent de l’emblématique gardien. Interrogé par L’Equipe, Patrick Glanz a carrément balancé une salve de missiles sur Claude Puel, accusé de « cracher sur une légende de l’AS Saint-Etienne ».

Depuis la réplique du coach et la passe d’armes l’ayant opposé à Patrick Glanz, une curieuse atmosphère s’est installée autour du centre d’entraînement de l’Etrat. Une sorte de « mini-chasse aux sorcières » à en croire l’un de nos interlocuteurs, au point que la majorité de nos sources refusent catégoriquement de voir leurs propos repris dans la presse, même de manière anonyme. « Si je parle, la direction va chercher à savoir de qui ça vient et ça peut me mettre en difficulté », témoigne ainsi un proche du club.

« On pourra juger Claude Puel quand il aura pu vraiment créer son effectif »

Il faut dire que les résultats sportifs n’aident pas à apaiser l’ambiance. Défait dimanche dans le derby (2-0), sur la pelouse de l’OL, l’ASSE se retrouve ainsi à la 16e place, avec seulement deux petits points d’avance sur Nîmes, 16e et barragiste. Autant dire que les rêves de Ligue des champions caressés la saison passée semblent aujourd’hui bien loin. Pourtant, l’effectif stéphanois, certes confronté aux blessures de ses rares joueurs créatifs comme Hamouma et Khazri, n’est pas si différent de celui classé 4e sous la direction de Jean-Louis Gasset. Il reste en tout cas largement supérieur sur le papier à celui d’un candidat classique au maintien.

Mais la valse des coachs, avec l’intérim de l’inexpérimenté Ghislain Printant puis l’arrivée de Claude Puel en pompier de service, n’a pas aidé. A la nomination de ce dernier, en octobre 2019, Fousseni Diawara, ex-latéral des Verts dans les années 2000, se voulait pourtant confiant, voyant même dans l’ancien entraîneur de Leicester « un homme capable de ramener Saint-Etienne en LDC ». « C’est vrai, j’étais enthousiasmé à l’idée de le voir aux commandes », reconnaît Diawara, qui tient à rester nuancé : « Claude Puel a bien sûr sa part de responsabilité mais quand il aura pu vraiment créer son effectif et travailler dans un environnement qu’il a lui-même créé, alors on pourra le juger réellement. »

La double présidence du club et la gestion du départ de Galtier pointées du doigt

L’ancien Vert le rappelle, « Puel a toujours fait tourner son onze, c’était déjà le cas au Losc, on ne le découvre pas aujourd’hui ». Une autre source abonde : « Puel est un très bon entraîneur et un bâtisseur. On connaît ses méthodes qui sont différentes de ses prédécesseurs – Galtier comme Gasset étaient, eux, des paternalistes – et il faut du temps pour les assumer. »

Sur le cas Ruffier, Fousseni Diawara admet que « toucher à une légende comme lui, ça peut impacter le groupe ». « Mais Puel a voulu faire passer un message », ajoute-t-il, « à savoir que personne n’est intouchable. Et le fait que son agent s’en mêle n’a pas dû rendre service à Ruffier. » D’autres pointent également « les éternels problèmes liés à la double présidence du club » et la mauvaise gestion du départ de Christophe Galtier, au cœur pour certains des principaux soucis de l’ASSE. Diawara veut en tout cas rester optimiste : « L’essentiel, estime-t-il, c’est d’assurer le maintien cette saison. Ensuite, il sera temps de réfléchir à comment redresser le club. »

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