Assassinat de Samuel Paty : Une statue du professeur va être érigée devant son collège du Bois-d’Aulne

Devant le collège du Bois-d’Aulne, au lendemain de l’assassinat de Samuel Paty, à Conflans-Sainte-Honorine le 17 octobre 2020. — Michel Euler/AP/SIPA

Laisser « une trace pour les générations futures » afin de ne pas oublier l’assassinat de Samuel Paty devant son collège du Bois-d’Aulne le 16 octobre dernier, tel est le vœu de Claude Quenault. Pour cela, l’ancien maire de Conflans-Sainte-Honorine de 1977 à 1994, ville où a eu lieu l’attentat, a usé de son influence pour faire ériger une statue hommage représentant le professeur d’histoire-géographie, a rapporté Le Parisien mercredi.

Les proches de l’enseignant ont donné leur accord et le conseil d’administration de l’établissement scolaire a voté pour la mise en place de cette œuvre. Elle devrait être inaugurée le jour du premier anniversaire de la mort du professeur par décapitation. Selon Le Parisien, la statue en bronze représentera le buste de Samuel Paty​. Elle pourrait être placée sur le fronton du collège, juste au-dessus de l’entrée principale.

« Ça m’a semblé si naturel, confie Claude Quenault. Tuer un professeur, c’est tuer la société. S’attaquer directement à la jeunesse de ce pays, c’est invraisemblable ». A son initiative, la sculptrice française Nacéra Kainou a été choisie pour réaliser le buste. Diplômée de l’école des Beaux-Arts de Besançon dans le Doubs et de The Art Student’s League of New York aux Etats-Unis, elle exerce à Paris​ depuis vingt ans. Dans son atelier, elle travaille la figure humaine en général, le portrait en particulier.

Une œuvre « politique contre cette horreur »

En plus du message que l’œuvre doit faire passer, l’artiste tient à associer les proches de Samuel Paty à sa conception car, comme le précise Claude Quenault, « il faut que la famille se reconnaisse dans le portrait ». « J’ouvre volontiers mon atelier à ses proches. C’est extrêmement douloureux pour eux, j’en ai conscience. Je commence à mentaliser son image, à m’imprégner de sa personnalité. Réaliser cette œuvre est aussi un moyen pour moi de délivrer un discours politique contre cette horreur, surtout par rapport à mes origines. Je suis née en France et fière d’être française », explique au Parisien, Nacéra Kainou.

La réalisation de l’œuvre devrait prendre cinq à six mois. C’est l’inspection académique de Versailles qui chapeaute le projet, sous la tutelle du ministre de l’Education nationale.

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