Assassinat de Martin Aramburu : Loïk Le Priol mis en examen et incarcéré

Le militant d’ultradroite Loïk Le Priol, principal suspect dans le meurtre le 19 mars à Paris de l’ancien joueur international de rugby argentin Federico Martin Aramburu, a été mis en examen pour « assassinat et détention d’armes » et incarcéré ce vendredi. L’ancien militaire et membre du mouvement d’ultradroite  Groupe Union Défense (GUD), âgé de 27 ans, avait été   arrêté dans la nuit du 22 au 23 mars en Hongrie.

Il est arrivé jeudi soir en France et a été placé en rétention avant d’être présenté à la justice vendredi. Il est notamment soupçonné d’avoir tiré plusieurs coups de feu sur l’ex-rugbyman de 42 ans après une altercation dans un bar du VIe arrondissement de la capitale, dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés.

Risque de « réitération »

Arrivé au tribunal judiciaire de Paris vendredi matin, il a été présenté à la juge d’instruction chargée de l’enquête, qui lui a notifié sa mise en examen pour « assassinat ». Une juge des libertés et de la détention a ensuite ordonné son placement en détention provisoire. La juge a motivé le placement en détention « sans surprise », eu égard notamment aux « versions qui doivent être confrontées » entre les suspects et le risque de « réitération » en raison d’un « parcours de violence ».

Loïk Le Priol, cheveux bruns coiffés sur le côté, moustache noire, a relu attentivement ses déclarations avant de saluer ses deux avocats avec un sourire poli, à l’issue de la décision. « Mon client ne souhaite pas faire plus de déclarations que celles qu’il a faites dans le cadre des débats devant le juge », a dit l’un de ses avocats, Me Xavier Nogueras, à l’issue de l’audience.

Ce dernier avait réclamé un débat à huis clos, estimant que la famille de son client subissait « des menaces de mort explicites par notamment des personnes qui se revendiquent de la communauté basque, de l’extrême gauche et de l’ultragauche ».

Fiché S

« C’est un véritable drame (…) il l’a reconnu comme tel au cours de son interrogatoire » par la juge, a ajouté Me Nogueras. Loïk Le Priol est connu pour sa radicalité et sa violence. Son ancrage à l’ultradroite lui vaut d’être « fiché S » par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), ont indiqué à l’AFP des sources proches du dossier.

Dans cette enquête, deux autres personnes ont été mises en examen et placées en détention provisoire. Proche de Loïk Le Priol, Romain Bouvier, 31 ans, a été mis en examen pour « assassinat » et deux délits liés à la détention d’armes. Soupçonné d’avoir lui aussi tiré sur Federico Martin Aramburu, il a été écroué à la prison de la Santé à Paris.

Une femme de 24 ans, présentée comme la petite amie de Loïk Le Priol, a elle été mise en examen pour « complicité d’assassinat ». Elle est soupçonnée d’avoir conduit le soir des faits un véhicule appartenant au militant.

Loïk Le Priol et Romain Bouvier doivent comparaître en juin devant le tribunal correctionnel de Paris pour « violences aggravées » contre un membre du GUD, qu’ils sont soupçonnés d’avoir roué de coups et humilié avec trois autres membres. Sous contrôle judiciaire dans cette affaire, ils avaient interdiction d’entrer en contact.