Asnières-sur-Seine: L’ancien maire comparaît pour concussion

Le palais de justice de Nanterre (Hauts-de-Seine), le 19 février 2019. — Clément Follain / 20 Minutes

L’ancien maire PS d’Asnières-sur-Seine, Sébastien Pietrasanta, a comparu jeudi à Nanterre pour concussion. Il est soupçonné d’avoir autorisé gracieusement l’un de ses adjoints à tourner un film dans l’Hôtel de ville, épilogue de l’affaire dite du « porno soft » qui avait secoué cette mairie en 2014. La mairie, depuis dirigée par le maire LR Manuel Aeschlimann, avait porté plainte contre Sébastien Pietrasanta en juillet 2014, estimant qu’il avait autorisé le tournage sans faire payer la redevance qui était due pour l’utilisation du domaine public.

Des images projetées en plein conseil municipal

Le film avait été, à l’époque, au cœur d’une violente polémique. Manuel Aeschlimann, tout juste élu, en avait diffusé des images en plein conseil municipal, accusant son prédécesseur d’avoir « dégradé » l’image de la ville « en tournant ce qu’il est commun d’appeler un film porno soft ».

Sébastien Pietrasanta, qui découvrait lui aussi les images, avait attaqué son successeur en diffamation et la justice lui a donné raison en condamnant le nouveau maire en première instance puis en appel à 2.000 euros d’amende, aux côtés d’un autre élu et du journal Le Point. Au-delà de cette polémique, la procédure judiciaire s’est poursuivie, allant jusqu’à la cour de cassation et, finalement, Sébastien Pietrasanta a été renvoyé devant la justice pour s’expliquer sur l’autorisation de tournage qu’il avait signée au printemps 2014.

A la barre, celui qui a aussi été député des Hauts-de-Seine jusqu’en 2017 mais a depuis arrêté la politique, s’est défendu d’avoir commis une infraction. « Je n’avais aucune raison de privilégier » l’adjoint à la communication et réalisateur du film, a-t-il dit. Il a expliqué avoir signé le document préparé par le service audiovisuel de la ville sans savoir ce qui allait être tourné.

Un enjeu financier faible selon le procureur

Le réalisateur du film, Julien Richard, voulait faire une bande-annonce destinée à promouvoir un court-métrage auprès de producteurs. La demande avait été déposée au nom d’une association qu’il avait fondée et dont il pensait qu’elle était exonérée de redevance, a-t-il déclaré. L’association en question n’avait pas un « but d’intérêt général » mais « commercial », a souligné le procureur Guillaume Daieff, estimant au contraire que la redevance aurait dû être payée. Il « était maire depuis presque 6 ans au moment des faits », a-t-il ajouté, jugeant qu’il n’aurait pas dû ignorer le problème.

Affirmant cependant que « l’enjeu financier est faible » (4.500 euros) et que les faits n’étaient pas réitérés, il a requis une amende de 20.000 euros dont 15.000 avec sursis à l’encontre de l’ancien maire et du réalisateur. La défense a rappelé le « contexte politique » très tendu de l’époque, fustigeant une « instrumentalisation » de la justice. L’ancien maire « n’a jamais violé la loi en connaissance de cause », a plaidé Me Alexandre De Konn, demandant la relaxe. La décision sera rendue le 8 novembre.

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