ASM-La Rochelle: «Facteur X», «joueur unique»… Comment Damian Penaud redonne le sourire au rugby français

Damian Penaud, l’ailier de Clermont, a signé un triplé lors du match de Top 14 à Toulouse, le 14 avril 2019. — P. Pavani / AFP

  • La finale du Challenge européen oppose ce vendredi Clermont à La Rochelle, à Newcastle.
  • L’ailier Damian Penaud sera l’un des principaux atouts de l’ASM.
  • A 22 ans, l’international, rapide, puissant et inspiré, incarne l’une des raisons de croire en de meilleurs lendemains pour un XV de France à la peine.

Au sein d’un XV de France devenu presque aussi compétitif que la sélection italienne de handball, il représente l’une des rares lueurs d’espoir. A 22 ans, le Clermontois Damien Penaud fait partie de cette poignée de joueurs capables de faire rugir de plaisir un stade, à l’image du Toulousain Cheslin Kolbe ou de son coéquipier fidjien (et futur Bleu ?) Alivereti Raka.

Ce vendredi, les deux ailiers de l’ASM seront titulaires à Newcastle pour la finale franco-française du Challenge européen face à La Rochelle. Deux jours après avoir prolongé leur contrat avec le club auvergnat, au grand bonheur de leur entraîneur Franck Azéma, qui a évoqué sur le site officiel des « facteurs X qui composent notre groupe tout en y étant parfaitement intégrés ».

Comme Romain Ntamack, Damian Penaud, désormais lié aux Jaunards jusqu’en 2023, est un « fils de ». Alain Penaud, l’ancien ouvreur de Brive, affiche 32 sélections en équipe de France (le fiston en est à onze).

« Rien à voir avec son père »

Mais seul le sport est commun est deux hommes, si l’on en croit Thomas Lièvremont : « Il n’a rien à voir avec son père, qui était un stratège, avec un jeu au pied fantastique », indique l’ancien troisième ligne international, qui a côtoyé Penaud senior en Bleu et entraîné Junior avec la sélection des moins de 20 ans.

« Damian est un électron libre, il faut l’accompagner, le faire entrer dans le cadre en lui laissant de la liberté. Il aime avoir le ballon, prendre les espaces… Je ne trouve personne avec qui le comparer, c’est un joueur unique. »

En pleine bourre, le trois-quarts centre de formation, devenu ailier quasiment à plein temps cette saison, a déjà signé douze essais en 2018-2019, dont un triplé lors de l’ébouriffant sommet du Top 14 au Stadium de Toulouse, le 14 avril (victoire stadiste 47-44).

Il a également ébloui Jean-Bouin deux semaines plus tard. A l’arrêt sur son aile droite, près de la ligne médiane, le Briviste de naissance a accéléré pour estourbir une demi-douzaine de Parisiens (finalement dominés, 25-41), au terme d’un slalom de haut vol. L’action aboutira à un essai d’Apisai Naqalevu.

« Faire ce qu’il fait au plus haut niveau à un poste où il est novice, il n’y a pas beaucoup de joueurs en Top 14 qui en sont capables », apprécie en connaisseur Julien Malzieu. Pourtant, l’ancien ailier international de l’ASM avoue qu’il n’avait pas vraiment vu le coup venir.

« Je l’ai connu quand il est arrivé à Clermont [en provenance de Brive, en 2015 juste avant le départ de Malzieu pour Montpellier]. Il était hyper renfermé. Sur le plan du rugby, je n’ai pas eu l’occasion de déceler son futur potentiel. C’est après mon départ que j’ai eu de plus en plus de bons échos sur lui, de la part de mes anciens coéquipiers. Il a commencé à se lâcher. »

« Un mec qui met le feu partout »

Aujourd’hui, Malzieu se « régale » à voir jouer son cadet, aussi véloce que puissant (1,92 m, 94 kg). Damian galère encore en défense, comme il le reconnaît lui-même ? « Je préfère un mec comme lui qui met le feu partout, plutôt qu’un autre plus timoré en attaque mais qui va mettre de gros plaquages, rétorque le retraité des terrains. On parle d’un rugby français un peu tristounet où il n’y a pas de grandes envolées. Et quand on a un joueur comme lui, on arriver à lui reprocher le fait qu’il soit léger en défense… »

Thomas Lièvremont ne nie pas non plus les soucis de son ancien protégé dans ce secteur, bien ciblés par les Anglais à Twickenham, lors du dernier Tournoi des VI Nations (44-8). Mais il les relativise. « Damian est plus attiré par le ballon que par la défense, et pourtant je peux vous dire que quand il s’est mis dans la tête de défendre sur l’homme, il fait très mal. »

« C’est un match-winner »

Mais bien sûr, ses qualités sont évidemment principalement offensives. « Sur tous les ballons, il peut inventer quelque chose, souligne l’éphémère sélectionneur de la Roumanie [de septembre à décembre 2018]. Il est tellement créatif… C’est un match-winner, à n’importe quel moment il peut faire la décision. Et ça, effectivement, ça faisait un bon moment qu’on n’en avait pas vu dans le rugby français. »

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