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Arrestation d’un pétrolier russe en Atlantique Nord : soutien britannique sans pavillon

Les États-Unis ont saisi mercredi un pétrolier lié à la Russie dans l’Atlantique Nord, au terme d’une poursuite engagée depuis le 21 décembre dernier. Au total, quatre pétroliers ont désormais été saisis par les États-Unis depuis l’annonce, fin décembre, d’un blocus naval visant les exportations pétrolières du Venezuela.


Les États-Unis ont saisi mercredi un pétrolier lié à la Russie dans l’Atlantique Nord, à l’issue d’une poursuite commencée le 21 décembre dernier. Cette opération, effectuée entre l’Islande et l’Écosse, fait partie d’un blocus naval américain contre des navires soupçonnés de contourner les sanctions sur le pétrole vénézuélien. Le pétrolier, qui n’avait plus de cargaison au moment de son interception, était sous la surveillance des garde-côtes américains depuis plusieurs semaines.

Selon des sources américaines, ce navire faisait partie de la « flotte fantôme » utilisée pour transporter du pétrole soumis à des sanctions. L’opération a été soutenue par le Royaume-Uni, qui a fourni une assistance logistique ainsi qu’une surveillance aérienne, sans qu’aucun militaire britannique ne monte à bord.

Le nom et le statut du navire sont au centre d’un débat diplomatique entre Washington et Moscou. Les autorités américaines l’appellent Bella 1 et soutiennent qu’il était « sans pavillon » après avoir navigué sous un faux drapeau, ce qui justifierait légalement son interception. Selon la Maison-Blanche, le navire faisait l’objet d’une ordonnance judiciaire de saisie et son équipage sera poursuivi.

De son côté, la Russie conteste fermement cette déclaration. Moscou affirme que le navire, renommé Marinera, avait obtenu le 24 décembre une autorisation temporaire de naviguer sous pavillon russe. Le Kremlin a dénoncé une violation du droit international, rappelant qu’« aucun État n’a le droit d’employer la force à l’encontre de navires dûment immatriculés », et a exigé le retour rapide des membres d’équipage russes.

Le ministère britannique de la Défense a confirmé avoir fourni un soutien « opérationnel planifié » aux forces américaines, incluant l’accès à une base aérienne, une surveillance par la Royal Air Force et l’appui d’un navire ravitailleur. Le ministre de la Défense, John Healey, a souligné que le pétrolier était considéré comme « sans pavillon » en raison de l’usage d’un faux drapeau, ce qui, selon Londres, rendait son interception conforme au droit international. Le Royaume-Uni a également indiqué vouloir renforcer sa lutte contre les activités de la « flotte fantôme », faisant valoir des enjeux de sécurité nationale et de stabilité mondiale.

Parallèlement, Washington a annoncé la saisie d’un second pétrolier, le Sophia, dans les Caraïbes. Ce navire, également décrit comme « sans pavillon et sous sanctions », est escorté vers les États-Unis où il sera immobilisé. Selon le secrétaire d’État, Marco Rubio, les autorités vénézuéliennes collaborent avec Washington sur ces opérations.

Depuis l’annonce, fin décembre, d’un blocus naval visant les exportations pétrolières du Venezuela, quatre pétroliers ont été saisis par les États-Unis. D’autres navires sont sous surveillance, notamment plusieurs récemment passés sous pavillon russe dans les Caraïbes.

Ces interceptions font partie d’une stratégie plus large de Washington visant à contrôler les ressources pétrolières du Venezuela, qui détient les plus grandes réserves prouvées de brut au monde. Mardi, Donald Trump a affirmé que Caracas livrerait des dizaines de millions de barils de pétrole aux États-Unis. Son ministre de l’Énergie, Chris Wright, a déclaré que Washington entendait contrôler la commercialisation de ce pétrole « pour une période indéterminée ».

Selon la Maison-Blanche, les fonds générés par ces ventes seront utilisés « au bénéfice du peuple américain et du peuple vénézuélien », sous le contrôle du gouvernement américain. La production vénézuélienne reste cependant limitée, environ un million de barils par jour, en raison du sous-investissement chronique et des sanctions internationales.