Argentine: En défaut de paiement, le pays poursuit les négociations

Le ministre argentin de l’Economie, Martin Guzman, à Buenos Aires le 12 février 2020. — Juan_Ignacio_Roncoroni/EF/SIPA

L’Argentine va-t-elle à nouveau connaître le cauchemar de 2001 ? A l’époque, le pays avait fait un défaut de paiement historique de 100 milliards de dollars entraînant la pire crise sociale et économique de son histoire. Vendredi, l’Argentine est entrée à nouveau en défaut en n’honorant pas une échéance de 500 millions de dollars. Toutefois rien n’est encore joué : la négociation pour la restructuration de 66 milliards de dollars de sa dette se poursuit.

Le neuvième défaut du pays

Le nouveau défaut de paiement est le neuvième de l’histoire du pays. Mais, le gouvernement du président de centre-gauche Alberto Fernandez cherche toujours à conclure un accord avec les détenteurs d’obligations argentines. Tard jeudi soir, il avait déjà annoncé prolonger pour la seconde fois le délai qu’il avait fixé pour la restructuration, en désignant le 2 juin comme nouvelle échéance. Cette prolongation de seulement dix jours semble montrer que le gouvernement et ses créanciers pourraient être proches d’un accord, bien que la nouvelle date limite ne soit pas forcément définitive.

Les tractations devaient aboutir à l’origine au plus tard le 8 mai. Mais, en l’absence d’accord, elles avaient été étendues jusqu’à vendredi, date à laquelle était dû le paiement d’intérêts de 500 millions de dollars. Au total, la dette argentine atteint 324 milliards de dollars soit près de 90 % de son PIB.

Si le gouvernement indique que les négociations sont en bonne voie, le principal groupe de créanciers de l’Argentine a toutefois exigé vendredi « une discussion directe et immédiate ». « Le groupe se félicite de l’intention exprimée par l’Argentine de travailler avec les créanciers mais les actes sont plus éloquents que les mots. Au cours du mois dernier, l’Argentine n’a pratiquement pas eu de communication substantielle avec ses créanciers », a indiqué un groupe composé de plusieurs sociétés d’investissement, dont BlackRock et Fidelity.

L’offre du gouvernement rejetée

Le ministre argentin de l’Economie, Martin Guzman, a proposé aux détenteurs d’obligations un échange contre de nouveaux titres avec un délai de grâce de trois ans sans paiement, une réduction de 5,4 % sur le capital et de 62 % sur les intérêts. Mais son offre a été rejetée. Les créanciers ont présenté leurs propres propositions, que le gouvernement examine.

Pour le moment, l’Argentine se trouve en particulièrement mauvaise posture : l’économie est en récession depuis deux ans, l’inflation a atteint des sommets (53 % en 2019) et la pauvreté n’a cessé de grimper (33 % en 2019). La pandémie de coronavirus a forcé le gouvernement à débloquer des fonds pour atténuer ses effets sur les habitants et les entreprises les plus vulnérables.

Le pays n’a désormais pas d’autre choix que de trouver rapidement une solution. Une situation de défaut de paiement permet en effet aux créanciers d’exiger devant la justice internationale une « accélération » du remboursement de la dette, à savoir la demande de son paiement intégral. Autre menace : que des fonds spéculatifs acquièrent la dette argentine à bas prix avant de se tourner vers la justice internationale.

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