Arcachon : La clinique s’équipe pour détecter l’apnée du sommeil, une « pathologie sournoise »


Le pôle de santé d’Arcachon (Gironde) — Mickaël Bosredon/20 Minutes
  • La clinique d’Arcachon vient d’ouvrir le premier service de polysomnographie du Bassin.
  • Ce service entend traiter les troubles du sommeil d’une manière générale, mais s’intéresse en particulier à l’apnée du sommeil.
  • Ce syndrome peut entraîner des pathologies cardiovasculaires et aggraverait la survenue de cancers.

Un « enjeu de santé publique majeur », martèle Eric Albert, médecin anesthésiste-réanimateur et somnologue. Il vient d’ouvrir à la clinique d’Arcachon le premier service de polysomnographie du Bassin. Si Bordeaux est déjà bien équipé en la matière, avec notamment la clinique du sommeil du CHU, ce service manquait sur le territoire du bassin d’Arcachon, qui couvre une patientèle allant jusqu’au nord des  Landes. Soit, potentiellement, entre 13.000 et 20.000 personnes concernées par des troubles du sommeil.

Le Dr Eric Albert, médecin anesthésiste-réanimateur et somnologue
Le Dr Eric Albert, médecin anesthésiste-réanimateur et somnologue – Mickaël Bosredon/20Minutes

La polysomnographie est la technique qui permet de mesurer les troubles du sommeil d’une manière générale. Bardé de capteurs au niveau des yeux, du menton, de la bouche, le patient sera invité à passer une nuit complète au sein du service de la clinique d’Arcachon, doté de six lits, afin que l’appareil mesure la qualité de son sommeil. Eric Albert précise que l’hospitalisation est entièrement prise en charge par l’assurance maladie et les mutuelles. Si le service est capable de diagnostiquer n’importe quelle pathologie du sommeil, il s’intéresse en particulier au syndrome de l’apnée hypopnée obstructive du sommeil (Sahos), « pathologie sournoise et qui a des conséquences délétères à moyen et long termes » insiste le médecin anesthésiste-réanimateur.

« Somnolence, ronflements et sensation de suffocation »

Entre 6 et 10 % de la population générale présenterait un Sahos, et ce syndrome concernerait environ 60 % des consultations spécialisées du sommeil. Il est caractérisé par la répétition au cours du sommeil d’épisodes de fermeture partielle ou complète des voies aériennes supérieures, entraînant une diminution ou un arrêt de la respiration pendant au moins dix secondes.

Parmi les signes évocateurs, figurent notamment « la somnolence et la fatigue diurne, les ronflements nocturnes sévères ou encore la sensation de suffocation » énumère le Dr Eric Albert. Mais ce sont surtout les conséquences de la pathologie qui sont inquiétantes. « Elle peut aggraver des pathologies cardiovasculaires [infarctus, hypertension, AVC, etc.], générer des accidents de travail ou de la route, elle abaisse les défenses immunitaires et accentue la survenue de cancers… » Son coût médico-social pèserait ainsi de plus en plus lourd, « en particulier dans nos sociétés occidentales, particulièrement exposées à ce risque. »

Mieux détecter l’apnée du sommeil avant une anesthésie

D’où l’intérêt de diagnostiquer ce syndrome le plus tôt possible, surtout lorsqu’on sait que 20 à 30 % seulement de la population présentant un Sahos est prise en charge. Une fois diagnostiqué, le patient devra par la suite s’équiper « d’un appareil composé d’un masque qui prend le nez et la bouche, afin de traiter ce collapsus pharyngé qui empêche de respirer. » Il faudra envisager de conserver cet équipement à vie, « mais il ne se porte que la nuit, et améliore grandement la qualité du sommeil », insiste le médecin anesthésiste-réanimateur.

Le service de polysomnographie ambitionne par ailleurs de mieux détecter l’apnée du sommeil chez les patients devant subir une intervention chirurgicale sous anesthésie. « C’est très important car la prise en charge en anesthésie est différente, affirme le médecin. Ces patients sont plus difficiles à endormir et à ventiler, et on sait qu’avec la Covid, les gens qui font de l’apnée et qui n’ont pas été traités avant, ont de gros soucis pour être réanimés, à cause d’une baisse de leur immunité, d’une désaturation en oxygène, plus un risque accru de thrombose. Ce sont par ailleurs des patients qui peuvent faire de gros problèmes en postopératoire. »

Clinique du sommeil-Arcachon, 05 40 70 50 22

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