Aramco: Avec 25,6 milliards de dollars, le groupe obtient la plus grosse entrée en Bourse de l’histoire

Une publicité d’Aramco à Djeddah en Arabie Saoudite le 14 novembre 2019. — Amr Nabil/AP/SIPA

Le record aura donc mis 5 ans à tomber. Le géant pétrolier saoudien Aramco a confirmé jeudi être parvenu à lever 25,6 milliards de dollars pour ce qui va devenir la plus grosse introduction en Bourse de l’histoire. Le groupe dépasse ainsi les 25 milliards de dollars obtenus par le groupe chinois du commerce en ligne Alibaba en 2014 lors de son entrée à Wall Street. Selon des sources proches du dossier à New York, Aramco devrait faire ses premiers pas sur la Bourse de Riyad le 12 décembre.

Loin devant Apple, Microsoft et Alibaba

Au total, les fonds levés valorisent l’entreprise à 1.700 milliards de dollars, loin devant Apple (1.200 milliards), Microsoft (1.140 milliards) et Alibaba (1.051 milliards). C’est toutefois moins que les 2.000 milliards de dollars visés par le prince héritier Mohammed ben Salmane à l’annonce du projet il y a quatre ans, avant que celui-ci ne soit repoussé à deux reprises, en raison de conditions de marché défavorables. A l’origine, le royaume espérait lever 100 milliards de dollars.

Dans son communiqué, Aramco a confirmé que l’entreprise céderait 3 milliards d’actions, soit 1,5 % de son capital, au prix unitaire de 32 riyals (8,53 dollars). C’est le haut de la fourchette de 30 à 32 riyals que s’était fixée le mois dernier le groupe, alors que les grandes banques conseillant l’entreprise dans cette transaction avaient demandé aux autorités saoudiennes d’être prudentes afin d’éviter les secousses lors des premiers jours de cotation.

Le fleuron de l’économie saoudienne a indiqué que 119 milliards de dollars avaient été souscrits, dont 106 par des investisseurs institutionnels qui avaient jusqu’à mercredi pour faire leurs offres, soit un taux de sursouscription de 4,6 fois l’offre initiale. Un succès modéré comparé à l’introduction de la National Commerce Bank en 2014 : le nombre d’actions souscrites avait alors atteint plus de 23 fois le nombre de titres proposés à Riyad.

Les craintes des investisseurs étrangers

L’opération boursière a principalement séduit les Saoudiens. Les grands investisseurs étrangers s’interrogent pour leur part sur la capacité du groupe à protéger ses installations pétrolières et la pérennité de ses bénéfices face au durcissement des politiques environnementales à travers le monde. Surtout, certains investisseurs étrangers se demandent s’ils auront leur mot à dire sur la gouvernance vu l’emprise du gouvernement saoudien sur l’entreprise, tandis que d’autres jugent Aramco surévalué comparé à des rivaux comme ExxonMobil, Royal Shell Dutch ou encore Chevron.

Pour inciter les Saoudiens à acheter des titres, de nombreuses initiatives avaient été lancées, comme la facilitation des prêts proposés par les banques et des discours nationalistes érigeant l’investissement en devoir patriotique. Certaines des familles les plus riches d’Arabie saoudite ont en outre été poussées à investir.

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