« Appel à témoins » : M6 amorce « l’opération de la dernière chance » pour trois affaires non élucidées

Nathalie Renoux et Julien Courbet orchestreront « Appel à témoins » — Charlotte DEFARGES/AGENCE 1827/M6
  • Ce lundi, M6 proposera le premier numéro d’Appel à témoins dès 21h05.
  • Diffusée en direct, cette émission fera appel à la mémoire des téléspectateurs et téléspectatrices qui pourraient avoir en leur possession des éléments primordiaux dans l’avancée de trois affaires non élucidées.
  • Un numéro de téléphone et une adresse mail seront mis en place afin de recueillir les témoignages du public.

Chaque année, environ 50.000 individus disparaissent en France et 10.000 restent des cas inexpliqués. Régulièrement, des visages anonymes s’affichent sur nos écrans, dans la presse ou sur les réseaux sociaux, avec cette question : « Avez-vous vu cette personne ? » Afin d’apporter un nouvel éclairage à trois affaires non élucidées, M6 lance Appel à témoins en prime ce lundi, présentée par Julien Courbet et Nathalie Renoux. L’objectif ? Recueillir de nouveaux témoignages en direct auprès des téléspectateurs et téléspectatrices (voir encadré).

Le premier numéro de l’émission reviendra sur deux affaires très médiatisées et une autre moins connue du grand public. Sera d’abord traitée la disparition de Lucas Tronche, un adolescent de 15 ans au moment des faits en 2015 qui s’est volatilisé sans laisser de trace. Le programme reviendra également sur le meurtre de Gaëlle Fosset, tuée de 66 coups de couteau par un individu qu’elle connaissait. Enfin, Appel à témoins tentera d’apporter des éléments à la disparition de Suzanne Bourlier, une jeune retraitée partie se promener un après-midi et qui n’est jamais revenue.

Concrètement, à quoi ça va rassembler ?

Les équipes de C. Productions travaillent sur le programme depuis deux ans et demi, à la recherche de « la bonne formule » selon les termes du producteur Jean-Marie Goix. Il y a quelques mois, elles se sont mises en relation avec le ministère de l’Intérieur et le ministère de la Justice dans le but d’avancer main dans la main. « Pour la première fois en France, vous allez avoir sur un plateau de télévision, en direct à une heure de grande écoute, des gendarmes, des policiers et des membres du ministère de la Justice présents ensemble pour lancer ces appels à témoins », souligne le producteur lors de la présentation de l’émission à la presse.

Lundi soir, les téléspectateurs et téléspectatrices découvriront un plateau divisé en trois espaces. D’une part, les familles seront là pour témoigner et répondre aux questions de l’animateur et de l’animatrice. De l’autre, des policiers, des gendarmes, des procureurs, des criminologues ou encore des psychologues viendront apporter des éléments autour des zones d’ombre. Enfin, une call-room (ou cellule d’appels en bon français) sera installée pour réceptionner les déclarations du public. Au sein de celle-ci, huit fonctionnaires de police et de gendarmerie répondront aux appels.

« Aucun appel ne passera à l’antenne parce qu’il y a le respect de l’instruction », précise Jean-Marie Goix. Toutefois, si jamais les personnes qui recueillent les témoignages estiment qu’elles ont un témoin avec un rôle potentiellement primordial au bout du fil, elles pourront transférer la conversation en coulisses où des chefs d’enquête prendront le relais.

Des affaires traitées « avec dignité et sans voyeurisme »

Le choix de ces trois affaires a été laissé à l’appréciation des enquêteurs qui ont gardé deux principaux critères de sélection en tête. Premièrement, que cet appel à témoins de grande ampleur puisse changer la donne alors que les investigateurs sont en passe d’obtenir des réponses à leurs questions. « On a recours à cette émission parce que ces affaires ne sont pas résolues mais il y a déjà ce travail colossal qui a été engagé », précise la commissaire de police Lola Menahem. À titre d’exemple, 1.500 procès-verbaux ont déjà été dressés dans l’affaire Lucas Tronche.

Deuxièmement, il était capital que les familles soient d’accord pour parler de leur histoire en plateau. « Les personnes concernées nous ont tout de suite dit qu’elles avaient des choses à dire et qu’elles voulaient solliciter les téléspectateurs », explique le producteur qui ne compte pas tomber dans le voyeurisme.

Pour ce faire, l’émission ne proposera ni commentaire orienté ni reconstitution des faits. « C’était une condition sine qua none que ce soit traité avec dignité et sans voyeurisme, indique Camille Chaize, porte-parole du Ministère de l’Intérieur. On ne peut pas avoir une famille en plateau qui assiste à une reconstitution alors même que c’est son conjoint ou son enfant qui a été tué ou qui a disparu. »

« Il ne faut se priver de rien »

« Pour ces familles, c’est un peu l’opération de la dernière chance », argue le producteur Jean-Marie Goix. Les proches des victimes espèrent que leur affaire avancera grâce à ce grand barnum diffusé en direct et grâce à la collaboration des ministères de l’Intérieur et de la Justice. « Lorsque tout a été essayé – les investigations classiques, les moyens techniques et technologiques les plus sophistiqués – et qu’en dépit de tout ça, nous n’arrivons plus à avancer, il ne faut se priver de rien dans l’intérêt des familles », ajoute Eric Maurel, le procureur de la Républiques de Nîmes.

Faire ressurgir de précieux souvenirs auprès des potentiels témoins, c’est ce qu’espèrent les magistrats, les enquêteurs et les officiers de police judiciaire. Mais l’émission pourrait prendre une autre dimension si elle déclenchait une réaction de la part de l’auteur présumé. « S’il est à l’écoute, il va se dire qu’il se passe quelque chose, qu’il va devoir bouger et nous allons peut-être provoquer une erreur de sa part, atteste Fabrice Bouillé, chef du service central du renseignement criminel de la gendarmerie nationale. Il y a un ressort psychologique important sur lequel nous comptons en s’appuyant sur ce type d’émission. »

Et après, que se passe-t-il ? Si l’émission atteint son but, en révélant un élément crucial ou en déclenchant une arrestation, l’affaire devrait revenir dans l’actualité. En revanche, si les avancées sont moindres, des nouvelles seront données au début du prochain numéro. Au total, trois émissions devraient être diffusées chaque année sur l’antenne de M6.

Comment témoigner auprès de l’émission ?

Pour celles et ceux qui auraient des informations à révéler aux enquêteurs, le numéro vert (non surtaxé) à composer est le : 0.800.10.11.21. La ligne sera ouverte quelques minutes avant la prise d’antenne en direct ce lundi. Vous pouvez aussi joindre les équipes par mail à l’adresse suivante : appelatemoinsM6@interieur.gouv.fr.

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