« Antonin évoque sa première expérience de pénétration avec sa copine »
Antonin suit de nombreux comptes sexo sur Instagram pour enrichir ses connaissances sur la sexualité et a exploré le plaisir prostatique à l’âge de 24 ans. Six ans plus tard, il a ajouté la pénétration anale à sa sexualité quotidienne, utilisant des plugs anaux de manière « quasiment systématique ».
Antonin se décrit comme une personne curieuse. Pour approfondir ses connaissances sur la sexualité, il suit de nombreux comptes sexuels sur Instagram. Un jour en 2020, alors qu’il navigue sur son téléphone, il découvre une publication sur le plaisir prostatique. « Ça m’a tout de suite intrigué et titillé et j’ai eu envie de tester. »
À 24 ans, il partage son désir avec sa compagne, avec qui il est en couple depuis trois ans. Il souhaite qu’elle le pénètre avec un doigt et un sextoy, une pratique appelée « pegging ». « Bingo », son amie est d’accord. Cependant, malgré une « envie très forte », Antonin peine à se lancer. « D’habitude, c’est moi qui ai le dessus. En tant qu’homme, on n’a pas été éduqué à perdre le contrôle. »
Pour surmonter cette « barrière psychologique », il décide d’explorer cette zone de plaisir en solo. « Expérimenter seul m’a aidé à me sentir plus à l’aise avec ces sensations. »
Un soir, lors d’une soirée techno, ils discutent à nouveau de ce sujet. « On était hyperexcités », se rappelle Antonin. De retour chez lui au petit matin, il découvre sa compagne allongée sur le lit, portant un strap-on, un harnais en cuir avec un plug anal.
« Je l’ai rejoint et on s’est d’abord fait des caresses, tranquillement, puis elle m’a mis à genoux, m’a appliqué du lubrifiant et a commencé à me doigter. » Elle lui propose ensuite de le pénétrer avec le plug. « Comme je l’avais déjà fait seul, je lui ai dit que j’allais faire les mouvements moi-même au début, pour y aller très progressivement. » Au bout de quelques minutes, l’excitation devient « très forte » et il se sent « relâché ». « Je lui ai dit qu’elle pouvait y aller et faire les mouvements qu’elle souhaitait. »
« La première sensation, c’est le côté intrusif de l’objet qui est conséquent. Sentir à quel point notre corps est rempli est hyper agréable. » Antonin parle avec enthousiasme du plaisir prostatique. « J’ai ressenti des sensations que je n’avais jamais connues en tant qu’homme pénétrant. Grâce aux terminaisons nerveuses, le plaisir est très intense et l’orgasme plus fort, un peu comme le féminin. Le plaisir se diffuse dans tout le bas du bassin, avec les jambes qui se contractent. C’est là que je me suis rendu compte que je n’avais jamais vraiment eu d’orgasme avant. »
Pendant l’acte, sa partenaire lui lance : « T’es trop beau comme ça. » Antonin confie avoir trouvé la pratique « hyper sexy ». « Le fait de la voir prendre du plaisir à faire est très excitant. On a pris énormément de plaisir tous les deux, même si pour elle c’était uniquement psychologique. » Cette expérience lui a permis de « prendre conscience de ce que l’autre ressentait dans cette pratique ». « J’ai compris qu’il fallait faire hyper attention et y aller vraiment tout doucement au début. Les cinq premières minutes sont cruciales. Un mouvement trop brusque et c’est foutu. »
Peu de temps après, lors d’une soirée au bar avec des amis, Antonin partage cette expérience. « Je l’ai clairement assumée auprès de mes potes. Ils ont été très bienveillants mais ils m’ont tous dit qu’ils ne l’avaient jamais fait. » Quelques mois plus tard, lorsqu’ils en reparlent, les discours ont évolué. « Trois ou quatre ont avoué qu’ils l’avaient testé. Je ne sais pas s’ils ne l’assumaient pas et n’avaient pas voulu le dire ou si la conversation avait éveillé en eux une curiosité. »
Cette première expérience pousse Antonin à explorer davantage sa sexualité. « J’en suis arrivé à la conclusion qu’il n’y avait pas de raison que je ne puisse pas recevoir ce que je donnais à une femme. Je trouve même le contraire plutôt malsain. » Ce constat l’invite à remettre en question les normes véhiculées par le porno. « Ça a beaucoup rééquilibré mes rapports avec les femmes. J’étais moins concentré sur mon plaisir. »
Six ans plus tard, Antonin a intégré la pénétration anale dans sa sexualité quotidienne. Avec sa nouvelle compagne, ils utilisent des plugs anaux de manière « quasiment systématique ». « C’est beaucoup plus simple que le pegging pour 70 % du plaisir ressenti. » Le pegging, quant à lui, est devenu plus rare, nécessitant « un contexte » et « un mood un peu dominatrice » de sa partenaire.
« Il faut désacraliser cette pratique qui fait partie de la sexualité au même titre que les autres. Tous les hommes qui en ressentent l’envie et qui n’ont pas encore exploré doivent se dire que ce qui compte, c’est eux avec eux-mêmes. Pas ce que les autres mecs en pensent. »
* Le prénom a été modifié.

