Antisémitisme: Marine Le Pen rend un hommage séparé à Ilan Halimi

Marine Le Pen en meeting à Mantes-la-ville, le 23 septembre 2018. — Lucas BARIOULET / AFP

Marine Le Pen a rendu un hommage séparé mardi à Bagneux (Hauts-de-Seine) à Ilan Halimi, le jeune juif tué en 2006 après avoir été séquestré et torturé, et écrit une lettre de soutien au philosophe Alain Finkelkraut, victime d’injures à caractère antisémite samedi.

Le RN a rendu cet hommage le jour où étaient organisés plusieurs rassemblements en France contre l’antisémitisme, organisés à l’initiative du PS, qui ne l’a pas invité. Le parti d’extrême droite n’a pas voulu y participer mais il avait prévu des « gestes à haute portée symbolique » pour honorer les victimes d’actes antisémites.

« Nous rendons ce soir hommage aux victimes de l’antisémitisme, et exprimons à cette occasion notre solidarité avec tous nos compatriotes juifs qui ne veulent plus vivre dans la crainte », a tweeté la présidente du Rassemblement national après son hommage à Ilan Halimi, auquel la presse n’avait pas été conviée.

Dédiaboliser le RN

Marine Le Pen, qui veut dédiaboliser son parti des accusations d’antisémitisme depuis qu’elle est arrivée à sa tête en 2011, était accompagnée de trois députés, Sébastien Chenu, Ludovic Pajot et Bruno Bilde, et de la tête de liste du RN pour les élections européennes, Jordan Bardella, selon les tweets des élus.

Le message de Marine Le Pen était assorti de photos d’elle et des élus déposant des bouquets de fleurs devant la plaque dédiée à Ilan Halimi. Le jeune juif de 23 ans avait été séquestré à Bagneux en 2006 par le « gang des Barbares », avant d’être tué par Youssouf Fofana, qui purge depuis 2009 une peine de réclusion à perpétuité.

« Nous n’avons strictement aucune responsabilité dans ce qui se passe »

La présidente du RN a publié aussi une lettre ouverte au philosophe Alain Finkielkraut, violemment pris à partie samedi par des « gilets jaunes ». « Le combat que vous menez est le nôtre », a écrit Marine Le Pen, se disant « (effarée) avec (lui) de voir l’identité de jeunes immigrés se constituer dans la haine des juifs ». Sur la chaîne de télévision israélienne I24News, Marine Le Pen a dénoncé les élus qui « pour des raisons électoralistes, ferment les yeux » sur le « fondamentalisme islamiste ».

Elle a accusé aussi « ceux qui » comme le Crif (Conseil représentatif des institutions juives), « ne cessent de nous pointer du doigt alors que nous n’avons strictement aucune responsabilité dans ce qui se passe », estimant que l’antisémitisme d’extrême droite était « groupusculaire ». « Nous sommes objectivement le meilleur bouclier, le meilleur rempart aujourd’hui pour les Français juifs contre la montée de ce nouvel antisémitisme islamiste », a-t-elle conclu.